Vêler bien au chaud

L’éleveur Benoît Paquet fait vêler ses vaches dans une étable isolée. Un investissement justifié, selon lui.

Après la construction en 2002 de son étable froide pour loger les 85 vaches, Benoît Paquet et son fils Vincent, de la Ferme du Ruisseau d’eau claire, à Québec, trimballaient dans une brouette les veaux nouveaux-nés. Leur mère suivait. Destination : l’ancienne étable laitière. Avec une période de vêlage s’étalant du 15 novembre au 15 janvier, l’expédition avait parfois lieu en pleine tempête de neige ou sur la glace. Tout cela afin d’assurer un meilleur suivi au veau.

Avec la transformation de l’ancienne étable en bergerie, il devenait essentiel de trouver une solution pour les vaches fraîchement vêlées. C’est alors que l’idée d’une rallonge à l’étable froide a germé. Le choix de l’emplacement et le plan original sont le fruit d’une discussion au sein de la famille Paquet. L’ingénieur Jocelyn Marceau du MAPAQ, dans la région de la Capitale nationale, a apporté son expertise technique pour l’isolation et la ventilation.

L’étable

La nouvelle construction de 3600 pieds carrés loge de 10 à 20 vaches à la fois. Elle est directement accessible de l’étable froide par une grande porte de 14 pieds par 16. Les vaches n’ont donc plus à sortir. Elles y sont amenées quelques jours avant le vêlage et en ressortent une semaine après la naissance du veau. La nouvelle étable ne dispose d’aucune séparation. Des barrières mobiles sont installées selon les besoins du moment. Quatre abreuvoirs doubles et isolés permettent d’alimenter jusqu’à huit enclos. Les mangeoires sont aussi mobiles pour une plus grande versatilité. Le plancher de béton est recouvert de litière. Un corral a été aménagé dans un coin de la bâtisse.

L’isolation et la ventilation sont très importantes puisque le bâtiment n’est pas chauffé. Deux entrées d’air au plafond de 2,5 pieds carrés sont ouvertes à l’aide d’un treuil mécanique. L’air frais provient de l’entretoit. Deux ventilateurs assurent l’évacuation de l’air. Une grande porte de 15 pieds par 20 peut complètement s’ouvrir par temps doux et assurer une ventilation naturelle.

Le bas des murs est isolé à l’aide de panneaux isolants recyclés. Le reste de l’isolation est assuré par une natte isolante, ou si vous préférez un bouclier radiant thermique isolant à bulles. Le matériau agit comme revêtement intérieur sur lequel la poussière adhère très peu. À cela, s’ajoute de la laine minérale dans l’entretoit, afin d’éviter la condensation.

La température et l’humidité, intérieures et extérieures, ont été notées durant tout l’hiver 2009-2010. La bâtisse a maintenu une température intérieure constante, c’est-à- dire légèrement au-dessus du point de congélation, peu importe la température extérieure. Il faut dire que l’hiver 2009-2010 a été relativement doux. L’humidité relative s’est maintenue assez haute tout l’hiver, mais elle était plus basse lorsque la température extérieure s’adoucissait, puisque la demande en ventilation était alors plus grande.

Appréciation

Benoît Paquet est très fier de sa nouvelle installation. Selon lui, malgré le coût de 50 000 $, il s’agit d’un bon investissement. Il a sauvé en main-d’œuvre puisqu’il a tout fait lui-même, sauf couler le béton et monter la structure d’acier. Certains choix ont été faits par souci d’économie et ils se sont avérés judicieux. Ainsi, les divisions et les mangeoires fixes projetées n’ont jamais été installées. Ce qui donne une plus grande versatilité et une plus grande facilité de nettoyage. « Ça aurait été une mauvaise déci- sion de faire des barrières, explique Benoît Paquet. Ça me prend entre une demi-heure et une heure pour faire le nettoyage. »

Le corral mobile a vu le jour dans ce bâtiment puisqu’il offrait cette polyvalence. L’entreprise disposait déjà d’une cage de contention, mais pas de corral. « C’est l’outil mer- veilleux du producteur de bœuf, explique Benoît Paquet. Je m’en suis servi pour vermifuger et pour tailler les sabots et l’inséminateur l’adore. Une vache a même vêlé dedans l’hiver dernier. »

Le nouveau bâtiment offre d’autres avantages, comme de servir d’abri à la machinerie en été. « Je suis très satisfait étant donné le coût et les services que ce bâtiment-là nous procure », insiste Benoît Paquet. Et les performances sont là. La Ferme du Ruisseau d’eau claire sèvre un veau par vache. Tout cela est une question de confort.

*Article rédigé par Marie-Josée Parent.

*À noter que cet article n’est pas complet. La version intégrale est publiée dans Le Bulletin des agriculteurs, édition février 2011.

à propos de l'auteur

Journaliste et rédactrice en chef adjointe

Marie-Claude Poulin

Marie-Claude Poulin est journaliste et rédactrice en chef adjointe au Bulletin des agriculteurs.

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