C’est bien l’optimisme mais il faut être réaliste…

Jean-Philippe Boucher agr., MBA

Les prix des grains jouent du yoyo pas mal ces temps-ci… une journée à la hausse, une autre à la baisse… selon ce que les marchés veulent bien se mettre sous la dent.

Certains disent entre autres que ce qui se passe en Amérique du Sud avec la sècheresse est plus dramatique qu’on le croit. D’autres par contre continuent de penser que ce problème aura été exagéré ; que même si la sécheresse était vraiment un problème il y a deux semaines, le retour d’averses et la possibilité de voir les producteurs semer une seconde culture feront en sorte que les pertes occasionnées par la sècheresse seront limitées.

Qui a raison? Nous ne le saurons vraiment qu’à partir de la fin février et du mois de mars, quand les récoltes sud-américaines auront lieu.

Mais hier, un nouvel élément intéressant a aussi fait surface. Avec le recul important des prix de la semaine dernière, il semble que les acheteurs de grains aient repris leurs activités. La Chine, le Mexique et la Corée du Sud ont tous confirmé l’achat de maïs et de soya américain. Résultat…. après quelques jours d’incertitudes occasionnées surtout par l’Amérique du Sud, les marchés ont enfin trouvé quelque chose de nouveau pour donner une direction aux prix des grains, cette fois-ci à la hausse.

Personnellement, je n’aime actuellement pas beaucoup le comportement des marchés et des prix. J’ai en fait l’impression qu’il nous donne l’illusion que ça va mieux depuis le début de la semaine. Mais en réalité, avec la rebuffade qu’ils ont connue suivant la publication des rapports du USDA de la semaine dernière (12 janvier), leur hausse des derniers jours n’est pas aussi surprendre pas plus qu’importante qu’on en a l’impression. Car dit simplement, si on essaie d’avoir une vision plus globale de la situation, la réalité est qu’avec les informations que nous avons sous la main présentement, nous savons que :

1.La disponibilité de grains (maïs, soya et blé) qu’elle soit à l’échelle mondiale ou américaine pose moins d’inquiétude que prévu (beaucoup moins même dans certains cas). La seule exception est le maïs aux États-Unis qui devrait être encore très serré pour les prochains mois.

2.Pour l’instant, si rien ne change et que la météo est favorable, il semble très probable que nous assistions à des récoltes importantes à l’automne 2013.

Est-ce donc dire que je crois que les prix vont reculer davantage? Pas nécessairement même si c’est très possible. Car nous pourrions encore assister à de nombreux revirements in extremis dans les prochains mois. Ce qu’illustre cependant le graphique ci-joint, dans le cas du maïs, c’est qu’il faut sérieusement considérer dans son ensemble la tendance de fond qui est actuellement baissière (zone rouge qui descend) et agir en conséquence. Autrement dit, ne pas croire pour l’instant que le prix du maïs retournera à 300 $ la tonne avant de commencer à faire des ventes comme j’ai entendu encore plusieurs producteurs me le dire dernièrement.

Certes, comme il l’aura démontré en 2011, le prix du maïs peut rapidement grimper lorsqu’il a le vent dans les voiles. Mais pour l’instant, il faudra certainement tout qu’une bourrasque pour faire bondir à la hausse le prix du maïs en-dehors de la tendance baissière qu’il connaît depuis la fin août.

à propos de l'auteur

Éditeur et rédacteur en chef

Yvon Thérien est agronome et éditeur et rédacteur en chef au Bulletin des agriculteurs.

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