Changements climatiques : faire partie de la solution

On parle de s’adapter à ces changements, mais le plus motivant, c’est qu’on a la chance de faire partie de la solution.

En juillet dernier, quand j’ai accepté de participer au panel « Nourrir en 2048 », ça me semblait bien lointain le 4 décembre. Normalement, je ressens toujours un certain stress chaque fois que j’ai à faire une présentation, mais cette fois-ci, c’est pas mal plus intense. Pourquoi? L’endroit, le sujet, je n’en ai aucune idée, mais là ça ne va pas! Veux-tu bien me dire pourquoi j’ai accepté?

Mon déjeuner semble flotter dans mon estomac, j’ai froid de l’intérieur. Je prends une marche dehors, question de bien m’oxygéner le cerveau. Je me sens mieux, mais le stress est bien là. J’essaie de ne pas le faire paraître et, au fur et à mesure que je discute avec des gens, ça s’apaise doucement. Inutile de vous dire que je n’ai pas mis grand-chose dans mon assiette pour le dîner. J’ai reçu quelques mots d’encouragement : amuse-toi Paul! Lâche-toi lousse! Sois toi-même, ça va bien se passer! C’est exactement ça, je suis moi-même, je stresse!

Je me prépare mentalement pendant les prestations de mes confrères sur le panel. Le deuxième achève, je prends immédiatement une gorgée d’eau. J’ai 10 minutes à faire. Mes phrases clés sont dans ma tête et j’ai déjà décidé dans quelle zone je vais balader mes yeux pour éviter d’être déconcentré. C’est l’heure, c’est à mon tour.

J’explique comment plusieurs agriculteurs adaptent déjà des techniques aujourd’hui qui seront gage de succès dans l’avenir. On parle de s’adapter à ces changements, mais le plus motivant de l’affaire, c’est qu’on a la chance de faire partie de la solution. Réduction du travail du sol, semis direct, couvert végétal… des techniques qui nous ont permis de faire d’une pierre quatre coups.

Réduire nos émissions de GES, augmenter notre capacité de captage de carbone tout en augmentant nos rendements aux champs en plus d’obtenir une meilleure performance agroenvironnementale et de garder un maximum de particule de sol en place. Implanter et privilégier un système de culture plus complexe en gardant toujours en tête d’avoir un couvre-sol qui va nous permettre de garder notre sol plus alerte et plus résilient face aux futures extrêmes météo.

Oui, on aura plus d’unités thermiques. Et la meilleure façon de bien les exploiter, c’est de garder en tête qu’on pourrait facilement récolter enfin du maïs à des niveaux d’humidité plus bas quand il fait beau. Moins de carburant séchage, meilleures conditions de récolte et surtout une meilleure reprise des couverts en intercalaire qui eux vitamineront la récolte suivante.

Je me suis lâché lousse, je suis resté moi-même et je me suis surtout bien amusé. Être dans un secteur qui fait partie de la solution, ça m’intéresse. Et il n’y a rien de stressant là-dedans! C’est ma profession : agriculteur.

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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