Ligne de temps

Creuser le sol pour le rendre plus vivant

C’est fou la quantité d’information qu’on peut tirer sur le sol en se servant d’une pelle et d’une petite trousse de prospection.

J’ai pris le temps de participer à la caravane sur la santé des sols tout près de chez moi la semaine dernière. L’évènement était organisé par notre comité du bassin versant de la rivière Pot au Beurre. Pas évident quand les récoltes ne sont pas terminées encore. D’un autre côté, je me suis dit aussi bien y aller! Pendant ce temps-là, le sol va se ressuyer un peu plus. Une fois sur place, je me suis retrouvé avec une bonne trentaine d’agriculteurs, plusieurs agronomes de nos clubs et quelques personnes ressources du MAPAQ.

Une fois rendu dans le champ, en groupe, chacun avec nos pelles, on a creusé, observé et évalué les couches de profil différent, la densité du sol et le comportement des racines. C’était de toute beauté de constater la quantité et la diversité des racines. Quand on voit ça, on réalise qu’il faut faire attention pour les garder bien en place et vivantes le plus longtemps possible. J’en ai profité pour me faire expliquer un peu plus comment on réussit à faire un bon test d’infiltration.

Avant d’être tenté de redrainer, aussi bien vérifier comment et à quelle vitesse l’eau parvient à voyager dans le sol. C’est fou la quantité d’information qu’on peut tirer en se servant d’une pelle à 20 $ et d’une petite trousse de prospection. Pas mal plus rentable que de se promener avec notre grosse machine qui maquille les problèmes.

Je réalise que je ne connais pas mon sol. Un peu spécial qu’un agriculteur ne connaisse pas son plus important actif : le sol. On passe dessus, on le brasse, on minéralise la matière organique et on l’écrase en se disant qu’on ne fait pas de traces en surface, donc tout doit être correct. Rien de grave, cette terre-là n’a pas de mémoire! Erreur. Je ne peux pas croire que j’ai déjà pensé ça! J’aurais dû m’y mettre bien avant! Mais il n’est jamais trop tard pour commencer. Je dois prendre le temps de bien diagnostiquer et implanter un système de culture qui me permettra d’avoir un sol plus absorbant, plus résilient et encore plus vivant. Ça prend de la patience et beaucoup d’ajustements. Avec les résultats qu’on observe depuis quelques années, nous sommes sur la bonne voie. Ça vaut vraiment la peine de creuser un peu partout si on veut en apprendre beaucoup. Après tout, nous sommes agriculteurs!

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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