Disparition de nos sols : engrais chimiques?

S’impliquer ne veux pas dire critiquer

Bon, on cherche encore un coupable! Je réagis quand je lis une citation qui prétend que « l’agriculture industrielle ruine NOTRE richesse, celle qui est sous nos pieds, celle où on fait pousser ce qu’on mange. » Ah ben, les sols ça appartient à tout le monde!

Premièrement c’est quoi ça de l’agriculture industrielle? Bien content de réaliser que les gens viennent de s’en apercevoir. Faudrait peut-être qu’ils en tiennent compte dans leurs actions quotidiennes. Quand je réalise qu’on laisse mourir de l’intérieur les centres-villes ou les petits villages en préférant l’étalement urbain, le béton et l’asphalte. Et qu’en campagne on prend trois fois la largeur nécessaire quand on y installe une route, et qu’en ville, alors que chaque pied carré vaut une fortune, on se contente d’un mur de ciment en prenant bien soin d’aller empiéter sur la bordure du fleuve pour supposément stabiliser la berge. Sans oublier la mauvaise gestion des eaux de surface bétonnée qui cause d’énormes débordements d’eau contaminée qui sont régulièrement orientés directement dans le fleuve.

Comparez une photo aérienne de Brossard à l’époque de la construction de l’ancien pont Champlain dans les années 1950 avec aujourd’hui. Ehhhh, on n’y voit que du béton. Pas certain qu’il y a une grande variété d’insecte dans la ville natale de Monsieur insecte lui-même. Allo la biodiversité! Alors qu’on nous reproche de ne cultiver que du maïs, du blé, du soya, du canola, des petits pois verts, des haricots, du foin…je pourrais continuer, mais ce serait trop long. Ça ne donne rien de lancer la pierre aux autres, mais j’aurais du matériel pédagogique pour approfondir plusieurs citations qui portent à interprétation dans l’article. J’ai pris soin de les noter et j’y reviendrai à l’occasion au cours de mes prochains textes le temps de laisser tomber la  pression du presto.

En fait, ce qui me frustre c’est qu’on a tendance à chercher des techniques, des produits et des gens coupables de certains résultats négatifs d’un système global alors qu’il faut plutôt revoir la façon qu’on utilise ces produits et ces techniques dans le système. Il ne faut pas non plus laisser sous le tapis tous les événements qui nous ont conduits au résultat d’aujourd’hui. Il est vrai qu’on a un problème général de dégradation des sols, et je dirais que depuis plus de 30 ans il n’y a pas une journée de formation où on ne discute pas de différentes techniques innovatrices de conservation des sols qui donnent d’excellents résultats qu’on a oublié de mentionner.

Je retiens la conclusion de l’article qui mentionne que les citoyens doivent s’impliquer pour appuyer les gestes d’amélioration des agriculteurs. S’impliquer ne veux pas dire critiquer, mais plutôt d’essayer d’en connaître un peu plus et d’encourager les bonnes pratiques agronomiques et environnementales globales.

Pour consulter l’article paru dans la Presse, cliquez ici.

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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