Les avantages de transformer ses bouts de champ en culture de foin

Ça nous évitera d’écraser de la précieuse semence à 300 $ le sac

Nos semis importants ne sont pas encore terminés que nous sommes déjà à travailler sur nos bandes riveraines. On avait déjà quatre mètres qu’on fauchait par terre alors pourquoi pas sept mètres sur lequel on pourrait y faire une récolte de foin ou d’ensilage.

C’est lors de la journée vulgarisation de notre bassin versant Pot-au-Beurre que Monsieur Champagne nous a présenté son idée. J’ai trouvé brillant sa façon de « régler » le cas de ses bandes riveraines chez lui, tout simplement en décidant de faire ses bouts de champ en culture de foin. Alors pourquoi pas chez nous? On possède déjà un beau secteur de 1,5 km de long. Grace à nos avaloirs, tous nos bouts de champ sont facilement accessibles. On n’a pas d’animaux ni d’équipements à foin. On a donc trouvé un volontaire intéressé à prendre le temps de tout ramasser. Certains diront que sept mètres de large sur 1500 mètres de long ça représente 1 ha de perdu. Pas tout à fait. Selon nos calculs en laissant du foin sur une surface plus large en bout de champ nous pourrons effectuer plusieurs virages dans le champ de foin. Ça nous évitera d’écraser de la précieuse semence à 300$ le sac.

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Juste en observant nos cartes de rendement c’est facile de constater que nos bouts de champ baissent notre moyenne de rendement, donc c’est un secteur à plus faible rentabilité. Le fait de les éliminer va faire progresser notre moyenne de rentabilité. Bien sûr qu’on tiendra compte des contraintes de récolte, mais pour l’instant on ne charge rien. On veut surtout mesurer et expérimenter cette façon de travailler et peut-être y découvrir d’autres avantages à ceux qu’on connait déjà :

-Diminution de 65% des risques de lessivage des intrants vers le cours d’eau.
-Diminution des risques de dérive de nos produits phytosanitaires vers l’eau.
-Amélioration de la stabilité de notre bordure du cours d’eau, donc moins de pertes de sol.
-Amélioration de la biodiversité (insectes pollinisateurs, oiseaux nicheurs et faune sauvage).
-Faciliter la circulation en bout de champ.

En plus d’avoir la conscience tranquille d’en avoir assez large pour éliminer les flous de mesurage afin de respecter le trois mètres règlementaire minimum.

En fait, on ne gagne rien en amour à s’en tenir qu’au minimum, c’est un peu la même chose pour notre environnement :-) Et ça donne un beau look sexy à nos champs. Ça on en est fier. Profession : agriculteur!

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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