Les champs changent et nous aussi

On observe de plus en plus de cultures à pleine maturité entourées de champs de couverts végétaux bien verts

Que c’est facile de réussir une belle photo ces temps-ci. Les contrastes de couleurs sont tellement magnifiques. En fait, septembre et octobre sont mes mois préférés. Aucune idée précise pourquoi. Peut-être parce que je suis né en septembre. C’est aussi une période spéciale. On arrive aux dernières récoltes d’une saison bien remplie. On pourrait dire le dernier coup à donner!

C’est tout de même un gros deux mois. On le sent par les températures. Ça sent l’automne! On le ressent aussi! L’odeur des champs à maturité, des dernières coupes de foin, des champs d’ensilage. Les bernaches qui affirment leur présence. On a l’impression qu’elles font constamment des allers-retours à l’épicerie avant d’entamer leur voyage vers le sud. Pas de restriction Covid pour elles.

Bande riveraine élargie. D’un côté une récolte à maturité, de l’autre un couvert végétal qui nous permettra de faire du maïs-grain avec 65% moins d’azote minéral tout en étant couvert à l’année.
photo: Paul Caplette

L’air est frais, les journées raccourcissent. Le contraste des couleurs dans nos campagnes et nos jardins se modifie. Et depuis quelques années, on observe de plus en plus de cultures à pleine maturité entourées de champs de couverts végétaux bien verts. Un sol couvert sert à nourrir les micro-organismes, élimine les pertes de sol par le vent et l’eau. Capte et pompe les résidus d’éléments nutritifs pour les retourner aux cultures suivantes. Un sol qui a le potentiel d’assumer toutes ses responsabilités en autant qu’on lui en donne la chance. Une pratique un peu plus exigeante qui nous oblige à intervenir plus souvent dans le champ. À être plus observateur et développer notre capacité de modifier le tir en s’ajustant aux sautes d’humeur de dame Nature. Les résultats ne sont pas instantanés. Tout autant que notre capacité à changer notre façon d’y intervenir. On observe de plus en plus les bienfaits de ce genre de système. Plus on y travaille plus on sent qu’on peut faire encore mieux. Suffit d’observer, de mesurer et de s’ajuster.

Et oui les champs changent et nous aussi. Pour le mieux en plus! Je regarde autour… je prends de beaux clichés et je laisse aller mon inspiration pour de nouvelles façons de faire. Montrez-nous vos clichés!  Profession agriculteur!

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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