Les mycotoxines: Les sources de contaminations

Les mycotoxines sont diversifiées puisqu’elles proviennent de différentes espèces de moisissures et de divers aliments. Elles peuvent à la fois être produites par des moisissures présentes dans les céréales telles que le maïs, le blé, l’orge, l’avoine et divers sous-produits céréaliers, ou encore dans les ensilages d’herbe ou de maïs ainsi que le foin. Pour les grains, les ensilages et le foin, la contamination et la production de mycotoxines peuvent avoir lieu au champ, pendant la récolte ou encore lors de l’entreposage. Au Québec, il est possible de retrouver une diversité de mycotoxines qui peuvent affecter les bovins laitiers. Celles-ci peuvent être regroupées selon le groupe de moisissure à l’origine de leur production. 

Tel que présenté dans le tableau 1, il est possible de retrouver des aliments contaminés par des aflatoxines B1, B2, G1, G2 (présente uniquement aux E-U) et des ochratoxines A (présente au Canada), qui sont produites par des moisissures du genre Aspergillus. On les retrouve majoritairement dans les céréales et l’ensilage de maïs provenant des États-Unis. Au Québec, le type de contamination le plus fréquent est causé par diverses mycotoxines du genre Fusarium, qui ont la capacité de produire les toxines suivantes : les désoxynivalénoles (vomitoxines; DON), la T-2 toxine, la HT-2 toxine, l’acide fusarique, la zéaralénone ou encore les fumonisines (B1, B2, et B3).

Tableau 1 : Résumé des différentes mycotoxines pouvant être observées au Québec ainsi que leur moisissure productrice et les types d’aliments contaminés. Adapté de Smith et coll. (2016) et Wambacq et coll. (2016)

Malheureusement, il n’existe aucune base de données spécifique au Québec pour savoir l’état de la situation des mycotoxines dans les aliments produits et consommés par le bétail dans la province. Par contre, la compagnie Biomin produit annuellement un rapport sur la prévalence des mycotoxines dans les aliments en Amérique du Nord. Le tableau 2 présente la proportion d’échantillons d’aliments contaminés par diverses mycotoxines lors d’analyses effectuées par Biomin sur une période de dix ans en Amérique du Nord. Il est possible de constater que le DON, la T-2/HT-2 toxine et la zéaralénone sont les mycotoxines les plus importantes.

Tableau 2 : Occurrence des mycotoxines dans divers aliments pour le bétail en Amérique du Nord. Analysé par Biomin (N= 1958 analyses). Adapté de Gruber-Dorninger et Coll. (2019)

Comme vous avez pu le constater dans le tableau 1, le genre Fursarium a la capacité de produire plusieurs mycotoxines, il est donc très fréquent de retrouver plus qu’une seule mycotoxine dans les aliments. Encore selon les données collectées par Biomin sur une période de dix ans, il est possible d’observer une co-contamination des aliments avec diverses mycotoxines, tel que présenté dans le tableau 3. 

Tableau 3 : Probabilité de co-contamination de différentes mycotoxines dans les aliments transformés, le maïs et le blé, en Amérique du Nord. Analysé par Biomin (N= 1958 analyses). Adapté de Gruber-Dorninger et Coll. (2019)

Les mycotoxines sont diversifiées et peuvent être retrouvées dans divers aliments et produites à divers stades dans le cycle de production de l’aliment. Pour cette raison, il est important d’analyser les aliments avec la bonne technique d’échantillonnage et les bonnes méthodes analytiques pour avoir l’heure juste sur la situation présente sur votre ferme. Je vous invite donc à lire notre prochain article de blogue sur le sujet.

à propos de l'auteur

Collaborateurs

Maxime Leduc – Ph.D. et agr. et Dr Younès Chrofi

Ayant complété son doctorat en sciences animales et étant copropriétaire de la ferme sur laquelle il a grandi, Maxime Leduc est pleinement conscient de la réalité des agriculteurs, en particulier des difficultés qu’ils rencontrent. Il souhaite fournir aux producteurs des outils adaptés et efficaces qui favoriseront la croissance de leur entreprise.

Dr Younes Chorfi a obtenu son doctorat vétérinaire en 1994, complété une maîtrise en 1999 et un PhD en 2005 en sciences vétérinaires à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal où il est maintenant professeur agrégé en nutrition, alimentation et productions animales. Dr Chorfi est responsable de deux laboratoires ; profils métaboliques et chromatographie où il mène ses recherches sur les mycotoxines.

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