Les prix des grains peuvent-ils encore bondir?

Texte de Jean-Philippe Boucher, agr. M.B.A.
Screen Shot 2015-03-05 at 11.10.10 AMIl reste que quelques semaines avant que le Département américain de l’Agriculture (USDA) présente ses premiers chiffres officiels d’intentions d’ensemencements aux États-Unis. Sauf que déjà, plusieurs firmes ont réalisé leurs propres estimations, et les résultats nous rappellent qu’il en faudrait très peu pour que les prix bondissent.

Ce qu’illustre le graphique ci-contre ce sont les récoltes américaines qu’on peut anticiper en se basant sur les prévisions d’ensemencements actuellement disponibles et un rendement dans la moyenne des dernières années. Afin de mettre les choses en perspectives, sont également incluses les consommations et les exportations de maïs et de soya prévues cette année aux États-Unis. Le résultat est pour le moins intéressant. La première chose qui saute aux yeux, c’est le recul important de la récolte de maïs. Rien de surprenant cependant sachant qu’il s’agirait d’une troisième année consécutive de baisse des superficies semées en maïs aux États-Unis. Sauf qu’il y a de quoi s’interroger…

En effet, si les anticipations actuelles se confirment, avec un rendement dans la moyenne, la récolte américaine de maïs serait alors insuffisante pour répondre au niveau actuel de consommation. Résultat: les inventaires américains s’en trouveraient alors amputés de l’ordre de 10 à 15 millions de tonnes. Si nous sommes confortables cette année côté inventaires de maïs américain, la situation pourrait donc rapidement changer l’an prochain.

Dans le soya, la situation est bien sûr un peu différente. Selon les anticipations actuelles, la récolte américaine serait de 106 millions de tonnes. La deuxième plus importante de l’histoire des États-Unis.
Faire du soya une culture après celle de cette année de 108 millions de tonnes. C’est une bonne récolte qui devrait combler le niveau de consommation et d’exportation, s’il demeure le même en 2016.

Dans les deux cas, il y a cependant un élément qui sera déterminant: la météo. Les prévisions présentées ici se basent sur une projection de rendements moyens. Mais, dans les faits, on sait très bien qu’ils s’établissent chaque année sous ou au-dessus de cette moyenne selon les conditions météo. Sauf que, si la consommation reste la même ou progresse en 2016, et si les rendements sont dans la moyenne ou décevants en 2015, il en faudrait alors très peu pour créer une situation plus ambiguë, particulièrement du côté du maïs, mais peut-être bien même aussi dans le soya.

à propos de l'auteur

Éditeur et rédacteur en chef

Yvon Therien

Yvon Thérien est agronome et éditeur et rédacteur en chef au Bulletin des agriculteurs.

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