Miser sur le foin

Notre objectif est d’implanter une culture pérenne qui agira comme une charrue végétale sans effort et sans émissions de gaz à effet de serre

Déjà deux ou trois ans qu’on jongle avec l’idée. Une idée farfelue à première vue. Hein? Tu veux faire du foin! Bienvenue dans le club! Ben quoi? Je n’y connais rien, mais il me semble que ce serait excellent pour notre système de culture. Oui, mais à condition que ton foin passe l’hiver. Ouin, c’est bien vrai, mais je me dis que si j’arrive à produire du blé d’hiver je ne vois pas pourquoi je ne réussirais pas avec du foin. En plus, ça représente un beau défi.

J’ai déjà semé du trèfle en vasage, mais jamais du foin, du vrai foin. Et voilà que je me fais approcher pour un projet d’étude d’implantation de foin dans un système de cultures annuelles. Ça, ça m’intéresse! Évaluer la qualité et la résilience de notre sol aujourd’hui en l’an un et faire le suivi quantitatif des récoltes à venir pendant quatre ans. Refaire une évaluation de la progression du sol et comptabiliser les effets bénéfiques sur nos cultures intégrées dans le système qui suivront le foin. J’embarque avec trois autres agriculteurs de mon coin. Ce sera idéal pour échanger sur nos propres expériences et apprendre ensemble à faire du foin. Inutile de vous dire que pour commencer pas question de s’équiper. J’ai donc approché une agricultrice du coin et j’ai compris un peu plus la complexité d’un vrai mélange de foin. Comme tout bon débutant, j’ai écouté avec attention les bons conseils d’un spécialiste pour bien planifier le semis. J’ai même trouvé une vidéo sur You Tube. Oui, oui, je vous le dis, je suis là pour apprendre.

Question prix, je focus surtout sur une certaine valeur à l’hectare. Je ne veux pas passer mon temps à négocier, le foin est cher, le foin n’est pas cher. Je veux une entente win win avec mon client. Au  fond, notre objectif est d’implanter une culture pérenne qui agira comme une charrue végétale sans effort et sans émissions de GES. Ça va nous permette de réduire nos quantités de pesticides sur l’ensemble de la ferme. Je suis confiant que les effets bénéfiques de cette culture augmenteront nos performances techniques et agronomiques de nos cultures. En attendant nos résultats nos champs n’ont jamais senti aussi bon. :-)

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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