Momentum sur la glace comme au champ

On se donne sans compter comme s’il n’y avait pas de lendemain et que seule la victoire comptait

De beaux épis bien grappés. Potentiel de 54 grains. Ça prend de la pluie pour s'assurer une bonne pollinisation et un bon remplissage.

Yesss! Nos canadiens ont gagné! Quel revirement et quelle victoire. Ils ont eu une saison en dents de scie, traversé plusieurs périodes à vide, et voilà qu’ils  reprennent le momentum pour finalement gagner contre toute attente une première étape des séries. Inspirant!

C’est un peu la même chose dans le champ cette année. Un printemps en dents de scie, de la chaleur d’été au début d’avril et des températures dignes du mois de mars en mai. Résultat, des pertes de semis pour certains et du stress sur nos cultures qui poussent. Côté précipitation, nous sommes en retard de 20 mm sur notre sécheresse historique qu’on a connue l’an dernier. Oh! Boy, boy, pas deux saisons collées. On a modifié certaines choses par rapport à ce qu’on a vécu l’an dernier pour s’assurer de mieux conserver notre eau. On a abandonné l’idée de garder de long couvert dans lequel on semait notre maïs. On a remarqué que de longs couverts asséchés par les brulages avaient tendance à agir comme un chiffon dans un verre d’eau. Le vent plus la chaleur assèchent la tige qui elle pompe l’eau du sol. On a donc décidé de faire un léger passage de déchaumeuse en surface. Pas plus creux que 4 cm pour s’assurer de semer dessous le passage des disques. De cette façon on couche les résidus tout en coupant la zone de capillarité à 4 cm. Ça semble bien fonctionner à date.

Le 3C a stressé nos feuilles de maïs. Chanceux rien de mortel. photo: Paul Caplette

Nos pulvérisations en prélevée ne fonctionnent pas mieux que l’an dernier. Cette fois-ci on n’attend pas, on retraite immédiatement pour s’assurer que les mauvaises herbes ne pompent pas le peu d’eau qui reste. Avec les  températures près des points de congélation on a même dû retarder les pulvérisations pour ne pas ajouter de stress supplémentaire sur les cultures. Et maintenant qu’on peut pulvériser, c’est la vitesse du vent qui nous retarde. Ma blonde me dit : « Coup donc, t’es malade! Pourquoi tu te lèves à 3 h 45? Ben, parce qu’il ne vente pas! Résultat, je parviens à faire un pulvérisateur très tôt et ensuite le vent se met de la partie. Le blé arrive à sa période critique de pollinisation. Les épis sont beaux et bien grappés. Nous sommes tout près du but.  Ça nous prend de la pluie ce jeudi pour bien les remplir.

Nous sommes confiants. On s’attarde aux détails. On joue le cadran météo, discipline, précision, et on se donne sans compter comme s’il n’y avait pas de lendemain et que seule la victoire comptait. Comme nos joueurs du Canadiens. On a le momentum et on s’organise pour le garder de notre bord. Faut y croire! On pourrait surprendre :-) Profession agriculteur.

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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