Notre azote fait effet

Azote au démarrage seulement. Le mais ne manque de rien. Reste à ajuster la dose d'application finale.

J’ai longtemps cru que notre maïs-grain « partait en peur » quelques jours après avoir reçu son repas vitaminé en azote. En partant de ce principe, on avait tendance à stresser pour s’assurer d’appliquer cet azote le plus tôt possible.

Maintenant qu’on travaille avec des couverts végétaux qui sont sensés nous apporter de l’azote organique, on a dû changer notre façon de faire. Difficile d’évaluer les quantités d’azote dans le sol quand les microorganismes sont au ralenti dans un sol froid, voire même trop sec. Pas d’activité microbienne, pas d’azote.

Donc, pour avoir une idée de ce que notre sol a dans le ventre...on doit attendre. Attendre pendant que la majorité des agriculteurs autour appliquent la routine habituelle. Décision déchirante les premières années. De peur de se tromper, de passer tout droit et se faire prendre avec du maïs trop long pour pouvoir revenir ou carrément se retrouver avec un champ en carence d’azote.

Pour se rassurer, on a fait des tests d’azotes.  Facile : on se garde des sections uniforme dans lequel on applique différentes doses d’azote les unes à coté des autres en prenant bien soin de se garder une zone avec démarreur seulement pour voir ce que le sol a vraiment dans le ventre.

C’est à partir de la qu’on a réalisé qu’un sol « travaillant » (bourré de micro organismes et bénéficiant de l’effet rotation en plus des effets de captation d’azote organique par nos couvert de légumineuses) pouvaient avoir le même « effet survoltage » que ce que pouvait nous procurer nos applications d’azote standard.

Après 15 ans d’évaluation et d’application aux champs, on appelle ça des essais de rendement relatif et maintenant qu’on a confiance en notre sol, on se permet même des bandes tests avec rien pantoute. Non pas que l’azote n’est pas important mais pour bien évaluer les réels gains de nos techniques appliquées aux champs. Notre maïs est parti en peur avec seulement son démarreur! Stade v6. Le maïs ne manque de rien.

On attend nos analyses de sol, question de voir la quantité de ppm dans le sol et pouvoir bien ajuster nos doses. On s’attend à des doses de 50 à 75% des recommandations standards. Avec de tels résultats, ça vaut la peine de passer pour des branleux.

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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