Notre sol a du cœur

Aucun azote post-levée d’appliqué encore et voilà qu’on voit le maïs exploser

«Du coeur, ça prend du coeur!» Cette phrase qui dit tout. Une phrase tellement révélatrice. Je ne me souviens plus dans quel film je l’ai entendue, mais en gros l’entraîneur avait beau avoir de bons et gros joueurs qui promettaient autour de lui, les résultats n’étaient pas là. Pendant que les journalistes le questionnaient à savoir quel joueur pourrait s’ajouter à l’équipe, l’entraîneur, en  soupirant, a répondu : «du cœur! Ça nous prend du cœur!»

Ouin, du cœur ça ne s’inscrit pas sur une fiche technique. C’est subtil en sous-entendus, ça se révèle quand les situations sont corsées et c’est tellement rentable à long terme. Maintenant, si on rapporte ça à notre maïs qui semblait bien lent jusqu’à tout récemment. Aucun azote post-levée d’appliqué encore et voilà qu’on le voit exploser. C’est le cœur qui parle, ce qu’on ne voit pas, le guts, du chien, du nerf, ça, ça vient du cœur. J’ai tendance à m’énerver quand je réalise que les plantes ne vont pas vite à mon goût, à mon œil et surtout si on se compare en regardant en haut alors qu’il faut surtout que je me concentre sur ce qu’il y a en bas. Oui, oui, sous mes grosses bottines. C’est plus lent faut donc être patient et s’y concentrer.

Couvert végétal (blé, vesce et pois) semé en intercalaire.
photo: Paul Caplette

Nous voilà tout d’un coup au stade V8. Nos tests d’analyse de sol sont à des niveaux un peu bas à notre goût. Le sol est très sec. Un millimètre de pluie ce weekend sur les trente millimètres promis selon les prévisions météo. Donc, moins d’humidité, moins de micro-organisme et moins d’activité microbienne et de dégradation de N. Ça peut ressembler à l’effet COVID, mais dans notre sol. Une mini crise économique quoi! On connaît par contre le potentiel de notre historique de champ. Les ppm sont bas, mais quand on observe le maïs, on réalise qu’il ne manque de rien pour l’instant.

L’objectif aujourd’hui c’est de bien doser l’azote qu’on applique le plus tard possible pour s’assurer que le maïs n’en manque pas plus tard en saison. On capitalise sur ce qu’on a planifié avant, pendant qu’aujourd’hui on prépare l’an prochain. Notre dose est ajustée. On vérifie notre action en prenant le temps de se garder une section test de rendement relatif. Au fond, on le sait qu’on va gagner! Parce que notre sol a du cœur! :-)

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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