Pourquoi produire des céréales?

Plus on en apprend sur la gestion de cette culture plus les résultats sont concrets

Je me rappelle qu’on s’est déjà posé la question : On as-tu vraiment les moyens de faire des céréales? Ça faisait surtout référence à l’historique de nos performances aux champs. On avait de la difficulté à atteindre nos objectifs de rendement. Ouin, coup donc! Quand les grains ne sont pas chers on dit qu’on n’a pas les moyens de se permettre de semer des céréales, et quand les prix sont bons on dit qu’on n’a pas les moyens de passer à coté des hauts profits que notre culture du maïs-grain et du soya nous procurent.

Avec ce genre de raisonnement on avait l’impression de tourner en rond. Mais pour parvenir à monter un système de culture on était convaincu qu’il fallait introduire des céréales et autres cultures courtes. Au lieu de se dire à répétition qu’on n’avait pas les moyens de faire des céréales on s’est plutôt dit qu’on allait prendre tous les moyens pour les réussir. Tout a changé à partir de ce changement de vision. Hey! On va s’occuper de nos céréales avec autant d’énergie si non plus que ce qu’on a investi sur le maïs et le soya.

En fait, on a rapidement réalisé qu’on ne connaissait pas bien les règles de base pour s’assurer d’obtenir de bon rendement. Pourquoi ne pas faire du blé d’hiver? 30 % plus de rendement et un sol couvert en prime sans compter qu’on peut y ajouter une légumineuse en sous couvert pour parvenir à produire du maïs avec 50 % moins d’ajout d’azote minéral. Du maïs « vert »  avec 10 % plus de rendement et payant en plus. C’est comme si le blé servait de réserve d’énergie pour propulser les rendements de maïs vers de plus hauts sommets.

C’est un exemple des gains qu’un système de culture peut nous permettre d’atteindre tout en équilibrant l’ensemble de l’utilisation de nos ressources. Sans compter les gains qu’on peut faire en économie d’équipement. 100 ha de blé exigent d’avoir un silo de 650 tm. 100 ha de maïs : 1300 tm. Le double en coût d’immobilisation. Que dire des besoins en capacité de séchage, au lieu d’investir 100 000$ sur un séchoir assez puissant pour fournir la moissonneuse qui récolte du maïs. Le fait de diminuer nos surfaces en maïs-grain au profit des surfaces de blé nous font éviter cette dépense. Même chose pour plusieurs autres équipements qu’on peut mieux amortir sur des surfaces mieux équilibrées avec des échéanciers de travail plus élargis. En fait, plus on en apprend sur la gestion de cette culture plus les résultats sont concrets.

Notre objectif de 10 000 kg/ha tient toujours. Et c’est pour cette raison qu’on ne veut surtout pas rater la conférence de « Wheat Pete » au prochain Rendez-vous végétal virtuel le 10 mars prochain. Woups, c’est qui « Wheat Pete »? Peter Johnson. Le king pin du blé d’hiver en Ontario. Ne manquez pas ça! Après sa conférence on ne se posera plus la question : pourquoi produire des céréales? Nous saurons un peu plus pourquoi et comment les réussir.

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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