Semis de maïs : enfin ou juste à temps?

Au fil du temps on a appris à regarder et à observer ce qui se passe sous nos bottines au lieu de jeter un coup d’œil à la surface

On vient tout juste de commencer les semis de maïs. Enfin ou juste à temps. Je dirais juste à temps pour le genre de système non traditionnel qu’on applique au champ. Pour réussir à faire sortir de terre notre maïs sans insecticide et sans fongicide dans un intervalle de dix jours, ça nous prend des journées de 20 UTM et plus. Donc, je dois viser des prévisions météo de 24 degrés Celsius de jour avec des nuits en haut de 10 degrés Celsius.

Maïs non traité dans un couvert de trèfle
photo: Paul Caplette

Ça fait déjà plusieurs années qu’on travaille au minimum nos sols. Ensuite, on est passé au semis direct et au fil des années, on a commencé à faire du semis sur couvert végétal. Cette année, on agrandit nos surfaces de semis sur un sol qui ressemble à un champ de foin. On a pratiqué sur de petites surfaces dans les dernières années, mais cette année on est « all in » :-)

Semis couvert de blé d’hiver
photo: Paul Caplette

Ça donne un coup d’œil bizarre. Au fil du temps on a appris à regarder et à observer ce qui se passe sous nos bottines au lieu de jeter un coup d’œil à la surface. On trouve ça beau et en même temps inquiétant, parce qu’au fond on est loin de ce qu’on nous a enseigné dans les années 1980. Loin de nos racines d’enseignement et pourtant tellement plus près des racines. En plus ça semble toujours plus spectaculaire et plus avancé quand on observe de loin une levée de champ de maïs qui contraste sur un sol travaillé bien foncé, à côté d’un champ qui lève au travers d’un couvert de foin qui traine à la surface. Ça s’annonce très sec cette année. Et voilà qu’on parvient facilement à trouver un bon taux d’humidité pour s’assurer que notre semence décolle en trombe.

Semis sous couvert de trèfle
photo: Paul Caplette

Me voilà en train de jouer à la poule! Je gratte le sol, question de voir la profondeur. J’ai un bon vent de face, un peu froid, mais la campagne est tranquille. Le nez dans le sillon j’admire le travail fait par les racines. Pas de lissage, le sol est granuleux et attaché à de petites et plus grosses racines. Woups! Un autre vers de terre qui joue à la cachette. Hey! Les pissenlits sont fleuris, signe que le sol est chaud. Il fut un temps où je trouvais que c’était des histoires de grand-mère. Maintenant je pourrais emprunter l’expression d’un de mes confrères et je dirais que je suis sur la route des fleurs :-)

À ma façon, face au vent, en plein milieu du champ. Les genoux par terre je respire le grand air et j’observe nos hirondelles bicolores qui ont décidé de louer nos nichoirs. Un peu fatigué, un peu stressé, mais je me sens parfaitement à ma place. Je n’ai pas de problème de deux mètres à respecter. Je savoure le grand espace, je respire l’air frais et je me dis : Wow! Je fais le plus beau et le plus passionnant métier du monde. Profession agriculteur :-)

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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