Sous la neige et sans propane

Il est temps qu’on nous propose des solutions de remplacement efficaces

Quand ça va bien, ça va bien! Maintenant que notre récolte est sous la neige, nous voilà sans approvisionnement de propane.

On entendait parler de possible grève imminente, mais on ne voyait là que des menaces pour faire avancer les négociations. On y croyait plus ou moins et au fond on se sentait en sécurité étant donné qu’on faisait affaire avec un fournisseur important et supposément sérieux. Et voilà que sans avertissement nos livraisons trainent de la patte. Deux jours sans livraison et une gentille dame nous avise par téléphone qu’on ne recevrait plus de propane. Eh boy! On était déjà sur la fin de nos réservoirs. On s’affaire à vider nos séchoirs avec le peu de propane restant. Même pas assez de propane pour sécher le séchoir no 2. On se retrouve avec 150 tm de maïs non séché en silo qu’on doit bien gérer afin d’éviter des pertes supplémentaires.

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Depuis ce temps, aucune nouvelle, aucun support. Même pas moyen de rejoindre le responsable pour transférer du propane d’un autre réservoir sur la ferme pour l’orienter vers les séchoirs. Boîte vocale… faites le 1, faites le 2 et la personne ne rappelle JAMAIS. Ils ne sont tout même pas débordé par les livraisons… ils n’en font pas!

La pression monte un peu plus quand je réalise qu’autour de moi plusieurs reçoivent du propane de la part d’autres compagnies. Je suis en…!!! Je comprends qu’il faille garder des réserves pour protéger le chauffage des animaux, mais moi personne ne me protège ou semble s’occuper de mes préoccupations. Un conflit de travail qui traîne en longueur et on nous vante les mérites du ministre responsable qui est sur le dossier 20 heures sur 24! Du bla bla. Qu’avez-vous fait avant que ça dégénère? Ah ouin! Pis moi je ne dors plus, je pioche, je brasse et je taponne du grain pour sauver ma peau. J’absorbe la perte de qualité, les bris d’équipements et le stress qui vient avec. Hey! Je passe après la priorité des poulets et des cochons! Je me sens comme un client de deuxième classe. « Ah, la situation est hors de notre contrôle. » Nous aussi la qualité de notre maïs est moins bonne et hors de notre contrôle et pourtant on me fait payer chèrement la note. Bizarre que nos clients n’ont pas perdu de temps pour s’empresser d’acheter du maïs brésilien en vue de la mauvaise récolte locale.

Pourquoi ils n’ont pas prévu de plan B pour s’approvisionner en propane autrement s’il y avait une grève imminente? Deux poids deux mesures. Nos fournisseurs s’en lavent les mains et ne remplissent pas leurs responsabilités et de mon coté je paye partout. Désolant, décourageant.

En fait la présente situation nous fait réaliser notre dépendance face au propane. On entend parler de différent système de remplacement comme la déshumidification par exemple. Peut-être des systèmes à la biomasse ou carrément chauffer avec… du maïs. On a de l’éthanol à Varennes. On peut-tu chauffer avec ça? Je ne suis pas ingénieur, mais après huit jours d’abstinence ce ne sont pas les idées qui manquent. Il est temps qu’on nous propose des solutions de remplacement efficaces et peut-être encore plus vertes. Bon courage à tous!

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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