Tout vient à point à qui sait attendre

Je ressens toujours cette crainte de semer trop tard

Wow! Ça fait longtemps que nous n’avons pas eu d’aussi belles conditions de sol aussi tôt au printemps. Seul bémol : on gèle. Faut dire que la neige vient tout juste de disparaître ici. Donc, le sol est froid. Cinq degrés Celsius à dix centimètres de profondeur à huit heures le matin.

Aucun problème pour le blé, les pois ou le canola. Malgré que j’observe qu’après sept jours dans le sol le blé vient tout juste de percer son enveloppe et il n’a pas l’air pressé de se montrer la binette. Le blé d’hiver qu’on a réussi n’a même pas commencé à retrousser ses feuilles. Même les mauvaises herbes se cachent. Elles ne se cachent certainement pas du coronavirus :-) Et même si la majorité des agronomes-conseils me suggèrent de ne pas trop mettre de maïs ou de soya en terre avec ce genre de température, je suis quand même tiraillé entre suivre leur conseil ou avancer les semis.

Je ressens toujours cette crainte de semer trop tard. Surtout que l’an passé nos semis tardifs nous ont coûté cher. Pas question de manquer mon coup deux fois d’affilé. On a évalué la météo à venir et on a finalement pris la décision d’attendre après les fortes pluies annoncées d’ici la fin de la semaine. Chez nous ce n’est jamais gagnant de sauver un semis avant une grosse pluie. Le limon remonte à la surface et ça croute aussi dur que du ciment. On se retrouve donc avec des levées inégales qui cannibalisent notre potentiel de rendement. Même si mon raisonnement me donne différentes raisons d’attendre je ne sais pas pourquoi, mais mes tripes me donnent un tout autre signal. Ça fait tellement longtemps qu’on s’y prépare, on a hâte de sauter dans le champ.

Le meilleur truc qu’on a trouvé c’est d’ajouter des plantes qui se sèment tôt dans notre système de culture. On a donc 40% de nos surfaces en blé d’hiver, blé de printemps, pois fourragés et un essai de canola cette année.  Ça nous permet de faire passer notre surplus d’adrénaline au printemps tout en nous permettant de capitaliser plus facilement sur la fenêtre idéale de semis pour chacune des plantes qu’on cultive. Probablement un des facteurs qui nous permet d’obtenir d’excellents résultats avec des semences non traitées.

Et pour me convaincre encore plus de me calmer le pompon pour la date de semis du maïs ou du soya, il y a cette histoire. Il y a quelques années, le gagnant du concours de maïs-grain dans notre région était un producteur biologique. Il nous avait tous planté avec un maïs semé autour du 20 mai. Voilà!  Paco nous a donné une bonne leçon! Profession agriculteur.

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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