Trois conditions pour réussir nos rotations

En général on veut des résultats rapidement

C’est quoi une rotation? Non, non! Maïs-soya-maïs ce n’est pas une rotation, c’est plutôt une alternance de culture. Une rotation c’est au minimum trois cultures, idéalement réparties avec le même pourcentage de superficie.

On en parle régulièrement, mais en général on ne le fait pas. Exemple, dans notre bassin versant d’environ 10 000 ha, 8882 ha sont consacrés au maïs et au soya. Seulement 1061 ha en céréale foin. On est loin de la rotation. Pourtant, en général, les recherches vantent les bienfaits des rotations. Dernièrement, je suis tombé sur une étude qui voulait mesurer les bienfaits des rotations à long terme. Eh oui, les premières années c’est loin d’être spectaculaire. En fait, l’étude démontre que les effets bénéfiques des rotations sortent de l’ombre à partir du 3e cycle. Neuf ans! Quand on dit qu’en agriculture on doit être patient. Je constate que c’est un peu la même chose pour tout ce qui touche l’agronomie équilibrée.

J’aurais tendance à mettre dans le même chaudron tout ce qui touche le travail minimum, le semi direct, les couverts végétaux, la gestion de la santé du sol, de la compaction, de l’évolution des populations des vers de terre et autres microorganismes. En général, on veut des résultats rapidement. Faut plutôt ajouter plusieurs colonnes à notre tableau Excel pour bien évaluer tous les avantages économiques, agronomiques, sans oublier les avantages indirects. On a réalisé qu’au début nos erreurs d’ajustement et d’apprentissage nous arrivent à court terme et elles se sont régularisées au fil de nos expérimentations et elles sont devenues des points positifs pour l’avenir de notre ferme. Comment on a fait ?

1-      Planifier et intégrer notre plan de rotation graduellement.

2-      Déployer l’énergie nécessaire d’acquisition des connaissances afin d’avoir plus de facilité pour garder le cap en appliquant les ajustements rapidement.

3-      Se donner des objectifs agronomiques et économiques mesurables à long terme.

Maintenant ça fonctionne. On a même l’impression que les avantages sont de plus en plus évidents. Il y aura toujours des ajustements à faire,  mais c’est ce qui rend le travail au champ motivant. Profession Agriculteur.

 

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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