Trouver du temps qu’on n’a pas

J’ai l’impression qu’on devrait se cloner

On était sensé terminer notre récolte de blé de printemps vendredi dernier. On  s’enlignait pour un petit vendredi et voilà qu’un problème de surchauffe moteur nous a empêché de terminer. Diagnostic : une fissure sur la tête du radiateur. Y’a rien là, mais quand ça nous arrive le vendredi vers 17 h ça ne peut pas repartir avant le lundi suivant. Malheureux, car on était sur une bonne séquence réglée au quart de tour.

Gertrude qui récolte le blé de printemps, le camion qui livre la semence de blé d’hiver dans la remorque 3 essieux en alternant avec le 2 essieux pour sortir le blé du champ (pureté semence oblige), pinne, dépinne, la paille qui se ramasse et le semoir qui suit pas trop loin derrière pour semer nos couverts végétaux. Trois opérateurs pour quatre machines. Matériel de récolte et de semis, toute la vaisselle est dans le champ en même temps. Encore une chance qu’on ne gère pas le matériel de ramassage de paille. Et voilà qu’il suffit d’un bris sur Gertrude pour tout décaler le chantier de travail. On se retrouve le 1er septembre avec un 10 ha de récolte en retard et celle des haricots roses qui arrive, sans oublier le semis du blé d’hiver qui cogne à la porte.

On réorganise notre horaire pour arriver dans les temps. J’ai l’impression qu’on devrait se cloner! On délègue certaines tâches, mais il nous en reste amplement à faire. On n’aura pas le choix d’arrêter les semis de couvert d’ici vendredi, car il faut tout le nettoyer pour réussir un semis de semence sélect. Vous avez une idée de ce que c’est un ménage sélect? C’est plus que passer la balayeuse dans le fond du semoir. On doit s’assurer qu’il ne traîne aucun grain nul part à l’intérieur comme à l’extérieur, sur le batit, collé sur les roues ou caché dans les descentes de tuyaux, un travail d’environ quatre heures. En plus, on nous appelle pour transporter du fumier de poulet aux champs.

On respire par le nez et on place nos priorités en repoussant certaines tâches pour un peu plus tard. Récolter, semer des couverts, entretenir nos bandes riveraines, établir des parcelles d’évaluation, planifier nos rotation et bien diagnostiquer nos champs, profil de sol, analyse de sol…ce sont toutes des tâches payantes à long terme, mais qui sont exigeantes en temps. Temps qu’on doit trouver et mieux gérer à l’avenir. Trouver du temps qu’on n’a pas.  Profession agriculteur!

 

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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