Un automne idéal pour armer nos semis à traverser l’hiver

L’échec de notre reprise du blé de 2019 nous aura servi dans notre apprentissage

On a reçu nos premières petites gelées. Rien de complètement mortel à première vue. Une période d’un peu plus de deux heures en bas des 0 degré Celsius. Tout au plus 60 minutes en dessous de -1. Juste assez pour nous rappeler que l’automne est bien là.

Pendant qu’on s’inquiète pour la pleine maturité de notre maïs, notre blé d’hiver reçoit une météo parfaite pour bien se préparer à traverser les grands froids qui arrivent à grand pas. On m’a expliqué que le blé d’hiver se renforce à chaque période de froid qu’il traverse et qu’il en profite pour fabriquer son propre antigel. Plus il a de chance de s’acclimater, plus ses chances de survie augmentent. Peut-être une des raisons de nos insuccès de l’hiver dernier. L’hiver nous est carrément tombé dessus en quelques jours et le blé n’a pas eu le temps de bien réagir au signal de Dame météo. Même Maki n’avait pas eu le temps de bien faire son poil d’hiver.

L’échec de notre reprise du blé de 2019 nous aura servi dans notre apprentissage. On a bien planifié nos stratégies de semis et on arrive aujourd’hui avec un champ de blé d’hiver qu’on considère bien armé pour le traverser. On a préparé notre terrain, semé notre clôture à neige végétale de lin pour ensuite semer le blé dans un sol parfait le 9 septembre dernier. Après cinq ans vous ne pouvez pas savoir le nombre de fois qu’on se fait poser la question qu’est-ce que vous avez semé? Paul, as-tu semé des carottes dans le champ de mauvaises herbes à Bellevue?

Faut l’avouer, observer un champ sans apercevoir de belles lignes bien définies, toutes propres, insécurise en général. Ce qu’on regarde c’est ce qui se passe en dessous. Surprenante la chevelure fine du lin. Ça ressemble à une éponge qui donne un chemin préférentiel pour l’implantation des racines du blé, en plus d’avoir le potentiel de capter la neige, isoler le sol, tout en servant de joint d’expansion quand on reçoit une couche de glace. On y retrouve des repousses de pois verts en plus de quelques mauvaises herbes qui n’auront pas le temps de faire de graines et qui s’élimineront d’elles-mêmes à l’hiver. J’appelle ça un couvert indigène pas cher :-) J’ai ajouté une petite fertilisation N+K et maintenant nous sommes prêts pour l’hiver. On y a mis tous nos efforts et notre cœur. On aura le résultat de survie dans six mois. La persévérance et la patience…ça fait partie de nous. Profession agriculteur!

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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