À la rescousse de la luzerne

Deux facteurs qui sont d’une grande importance pour la luzerne

Le but ultime à ce stade-ci de la saison est d’optimiser la survie de la luzerne. Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte, en voici deux qui sont d’une grande importance.

#1. Le potassium

Une faible teneur en potassium dans le sol est un des facteurs majeurs contribuant à la diminution des peuplements de luzerne. Une attention particulière doit être portée aux sols légers (loam et loam sableux), car ils sont plus à risque d’être carencés en potasse. Les sols légers ont une capacité de rétention des éléments minéraux plus faibles qu’un sol argileux.

La racine pivotante de la luzerne a besoin de réserve en potassium afin de survivre à l’hiver. Un manque de cet élément empêche la plante d’accumuler des glucides. Les glucides sont importants pour la survie de la luzerne. Ils permettent à la plante d’affronter les basses températures de l’hiver et lui fournir l’énergie pour la repousse au printemps. 

Les graminées absorbent le potassium de manière plus efficace que la luzerne. La carence de la luzerne pourra être accentuée si elle est en mélange dans un champ n’ayant pas la capacité de fournir le potassium pour satisfaire le besoin de toutes les plantes. 

L’application de potasse devrait être réalisée tout de suite après la dernière coupe, afin que la luzerne ait le temps de l’assimiler pendant sa période de repos avant l’hiver.

La luzerne peut contenir jusqu’à 3,5% de potassium. Avec un rendement moyen de 8 tonnes de matière sèche par hectare, l’exportation de cet élément est de 280 kg annuellement. Nos grands-parents avaient l’habitude d’appliquer de la potasse tous les automnes, nous devrions suivre leurs exemples ! Bien sûr, cela engendre des coûts, mais il est plus avantageux d’investir dans la terre que de renouveler des prairies tous les ans par manque de survie.

#2. La régie de coupe

Plusieurs champs ont été sursemés cette année pour pallier au manque à l’établissement. Plusieurs se demandent; quelle régie devrait être alors envisagée pour ces champs ? La réponse est simple, on ne doit pas faucher ces champs cet automne. Toutefois, ça devient complexe si on prend en considération le manque de fourrage qui sévit dans plusieurs régions. 

En théorie, avant d’entamer l’hiver, il est recommandé de laisser 6 semaines entre la dernière coupe et une gelée mortelle, afin que la plante puisse refaire ses réserves. Les réserves en glucides emmagasinées dans les racines sont utilisées pour la repousse durant approximativement 3 semaines. Si cela coïncide avec l’arrivée de l’hiver, la luzerne ne pourra alors survivre ou du moins son rendement sera très affecté. 

S’il est nécessaire de faucher par manque de fourrage sur l’entreprise, il est préférable d’attendre la première forte gelée d’automne qui met fin à la croissance de la luzerne. N’ayant pas de regain, les réserves pour l’hiver ne sont pas affectées. Il est également préférable que la hauteur de fauche soit d’au moins 10 cm de la surface du sol. En laissant plus de chaume, on laisse plus de chances à la neige de protéger la luzerne du gel. 

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