À surveiller de près : moisissure blanche dans le soya

Les conditions météorologiques des dernières semaines ont été très favorables au développement de la maladie

Publié: 7 août 2021

Dommages de la pourriture à sclérotes sur du soya

Les conditions météorologiques des dernières semaines ont été favorables au développement de la pourriture à sclérotes (moisissure blanche) met en garde le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP)

Des dépistages effectués à la fin juillet ont permis d’observer des débuts d’infection dans la majorité des sites en observation.

Les stades de développement du soya « Début floraison » à « Premières gousses » sont les plus critiques, puisqu’une infection à ces stades peut causer des pertes de rendement avise les spécialistes du RAP. 

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Voici quelques informations pertinentes au sujet de la moisissure blanche que nous avons recueillis pour nos lecteurs. 

Sclérotinia sclérotinium

Lorsque la pourriture à sclérotes est présente dans un champ une année, les risques d’infection sont plus élevés si on y resème du soya l’année suivante et que les conditions favorables à son développement sont présentes.

Dans certains endroits gravement atteints, les pertes de rendement de soya peuvent atteindre de 50 à 70 %, comparativement aux zones peu ou pas touchées par la maladie.

La moisissure blanche passe l’hiver sous la forme de sclérotes, qui sont des particules noires et dures ressemblant à des excréments de rats.

Les sclérotes présents sur la surface et dans les cinq premiers centimètres (2 po) de sol produisent des apothécies (semblables à des champignons, photo 1). Tant que les rangs ne sont pas complètement fermés, les longues périodes de sol frais (4 à 15 degrés C) et humide et de temps moyennement chaud (moins de 29 degrés C) sont idéales pour le développement des apothécies.

Chaque apothécie peut produire des millions d’ascospores qui peuvent infecter le plant de soya à la sénescence ou à la mort de ses fleurs. Les spores sont souvent transportées par les courants venteux.

Dommages aux tiges

Après l’infection, les lésions ceinturent et endommagent les tiges. Ce phénomène peut finir par nuire à l’absorption et à la circulation de l’humidité et des nutriments. L’agent pathogène produit un mycélium blanc (photo 3) d’aspect cotonneux (moisissure blanche) qui se développe sur les lésions, et des sclérotes qui pourront éventuellement servir de source d’inoculum. Si les sclérotes sont abondants dans le grain, ils peuvent entrainer le déclassement de la récolte.

Bref, la moisissure blanche risque le plus d’apparaître si la fermeture des rangs, la floraison du soya, le développement des apothécies et les conditions climatiques favorables surviennent simultanément.

Conditions défavorables

Une période de température  de 32 degrés C et plus peut ralentir ou arrêter le développement des lésions. Le développement de la moisissure blanche peut être ralenti ou interrompu non seulement quand l’air est chaud, mais aussi quand la température du couvert végétal augmente pendant quelques jours, en même temps que les feuilles et les tiges sont sèches pendant la plus grande partie de la journée. La fermeture des rangs réduit la circulation de l’air, ce qui permet aux feuilles et aux tiges de rester humides pendant une longue période.

Pour plus d’informations sur la maladie consultez la fiche technique bien documentée et illustrée du RAP en cliquant ici. 

À PROPOS DE L'AUTEUR

Yvon Therien

Yvon Therien

Agronome retraité et consultant

Yvon Thérien est agronome retraité et consultant spécialisé en agriculture. Il a été éditeur du Bulletin des agriculteurs de 2010 à 2024.