Ligne de temps

Et si on produisait de la pluie?

De récentes études ont démontré le rôle de certaines bactéries associées aux plantes et autres bioparticules dans la formation de glace dans les nuages, déclenchant des précipitations. Serait-il pensable pour les producteurs de choisir certaines cultures qui produisent ces agents biologiques pour augmenter la pluviométrie dans les régions plus arides?

Le concept de bioprécipitation a été proposé en 1982 par David Sands, un professeur de l’Université de l’État du Montana. Le cycle débute par des bactéries présentes sur la surface des feuilles. Elles sont dispersées par le vent et atteignent les nuages. Elles demeurent en suspension dans l’air à cause de leur petite taille, comme un aérosol. Par la suite, les bactéries facilitent la formation de cristaux de glace. À leur tour, ces cristaux favorisent l’agglomération de gouttelettes d’eau de façon à augmenter leur masse et à créer des précipitations. Cette pluie retourne les bactéries au sol, favorise la croissance des plantes et le cycle recommence.

« C’est un moyen de dispersion pour les microorganismes qui survivent à ce voyage », explique Cindy Morris de INRA (Institut National de la Recherche agronomique en France). Cindy Morris et David Sands ont repris les essais en 2006 sur le concept de bioprécipitation en ajoutant des physiciens atmosphériques, des météorologistes, des microbiologistes, etc. Plus de 140 scientifiques ont participé de près ou de loin au sujet et produit diverses publications scientifiques. Cindy Morris ajoute que les aérosols biologiques, mais aussi minéraux sont toujours présents dans l’atmosphère, leur concentration change constamment. Par ailleurs, il est difficile de déterminer le moment et la quantité exacte de bioaérosol nécessaire pour avoir un effet significatif sur les précipitations.

Les chercheurs ont récemment examiné des souches de Pseudomonas syringae en tant que source de bioaérosols. Certaines souches de cette bactérie peuvent causer des maladies chez le blé et d’autres sont actives pour la formation de cristaux de glace nécessaires aux précipitations. Ils ont aussi identifié des lignées de blé qui pouvaient supporter ce pathogène sans développer de symptômes de maladie. Ainsi, il est possible de cultiver le blé pour récolter du grain et en même temps récolter de la pluie. Il reste beaucoup de travail à faire avant d’appliquer cette technique. Par exemple, quelle culture, quelles pratiques culturales offrent les meilleurs résultats? À quelle distance et quelle superficie est nécessaire pour produite la pluie supplémentaire désirée? Comment les producteurs peuvent-ils être rémunérés pour cette nouvelle récolte?

Source : Top Crop Manager

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