Les céréales d’automne à la rescousse de vos fourrages

Seigle Danko, au stade d’épiaison. Photo prise le 26 mai 2021.

*On dit souvent que les années se suivent mais ne se ressemblent pas. Bien que l’hiver ait été plus clément pour nos prairies, nous avons l’impression de revivre le même début de saison que l’an dernier. La bonne nouvelle de l’histoire? Le rendement en première coupe est excellent dans plusieurs régions. À l’heure actuelle, c’est plutôt la deuxième coupe qui risque d’être affectée si nous ne recevons pas de précipitation bientôt.

Depuis quelques années, le sujet des plantes d’urgence (sorgho soudan, herbe de soudan et millet) a été bien couvert. À cette période, il s’agit d’une bonne méthode pour palier à un manque de fourrage. Une autre pratique qui gagne en popularité est celle d’ensiler les céréales d’automne. Dans un scénario idéal, la céréale d’automne devrait être semée tôt. Par exemple, après deux coupes de foin d’une vieille prairie, hop dans le champ, on détruit ! La céréale peut alors être semée août-septembre. Plus tôt on sème, plus on  a de chances d’avoir une coupe de foin à l’automne. Étant donné qu’une période de vernalisation est nécessaire pour épier, la céréale va monter autour d’un pied et cesser sa croissance. Il ne faut donc pas s’attendre à des volumes incroyables mais tout de même intéressant. Durant cette période, le système racinaire aura l’occasion de descendre en profondeur, ce qui permettra d’établir un plant fort prêt à survivre à notre hiver et démarrer une croissance agressive au printemps.

Si la survie est au rendez-vous, vous fertilisez et il ne vous reste qu’à observer vos champs pousser. Les céréales d’automne ont un effet allélopathique qui permet de réduire la problématique des mauvaises herbes.

Le seigle d’automne est plus rustique. Il survit généralement mieux dans les régions moins propices aux céréales d’automne. Son port est toutefois plus prostré à l’automne et malgré un semis hâtif, il est moins propice à une coupe à ce stade. Il peut être semé plus tardivement, sans trop exagérer, bien évidement.

Le stade de fauche dépendra de votre objectif : votre fourrage est dédié à un animal ayant des besoins métaboliques élevés, fauchez au stade fin montaison ou début gonflement. Si on veut maximiser le rendement pour palier à une pénurie de fourrages, envisagez de laisser épier la céréale.

Cette année à la ferme de recherche, nous avons effectué des tests de rendement et de qualité sur du seigle et du blé. Tel que le démontre la photo suivante, nous avons fauché le seigle au stade d’épiaison le 26 mai au centre de recherche. Bien que nous ayons préféré le faire au stade gonflement pour maximiser la qualité, la saison a avancé très vite. L’épiaison s’est d’ailleurs faite 10 jours plus tôt qu’à l’habitude.

Seigle hybride fourrager KWS Progras, au stade d'épiaison. Photo prise le 26 mai 2021. photo: Roselyne Gobeil

Seigle hybride KWS Bono, au stade gonflement. Photo prise le 26 mai 2021. photo: Roselyne Gobeil

Comme j’aime donner de bonnes nouvelles, j’en ai deux autres pour vous. D’abord, dans cette situation de rotation, il est possible d’effectuer deux cultures dans la même année. Après avoir ensilé le seigle, il sera encore temps de semer du soya. Mais je vous l’accorde, ça va mieux quand l’eau est au rendez-vous après le semis. Deuxième bonne nouvelle, si vous changez d’idée en cours de route, vous pouvez laisser votre céréale, récolter le grain et ainsi avoir une excellente production de paille ! Bonne réflexion!

*Texte réalisé en collaboration avec le Conseil québécois des plantes fourragères. Les propos exprimés dans le texte relèvent toutefois de l’auteur et n’engagent pas le CQPF.

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