Ligne de temps

La Chine montre les crocs

Le soya et certains fruits venant des États-Unis sont soumis à des contrôles plus serrés à leur arrivée en Chine.

Le pays a en effet modifié dernièrement ses barèmes de qualité (China Foreign Material) et demande maintenant à ce que toute cargaison de soya contenant plus de 1% de matière étrangère lui soit signalé, rapporte le Corn and Soybean Digest. Les acheteurs chinois ont signalé que les livraisons de soya provenant de grands vendeurs des régions du golfe du Mexique comportaient de la terre et du maïs alors que ce n’était pas le cas des livraisons venant du Pacifique. Selon des échantillons pris dans les zones portuaires chinoises, le soya américain comportait des grains de maïs, des morceaux d’écorces, mais pas de trace de mauvaises herbes. Le soya américain souffrait de la comparaison avec son compétiteur brésilien, dont la qualité semblait nettement meilleure. La situation pourrait devenir difficile si la Chine décidait de refuser toute cargaison comportant plus de 1% de matière étrangère, a signalé le marchand de grains Peter Mishek.

Les exportations américaines de fruits vers la Chine vivent déjà cette réalité. Le gouvernement chinois a augmenté les inspections faites sur les fruits frais provenant des États-Unis. Si environ 30% des importations étaient vérifiées l’an dernier, les contrôles sont maintenant plus serrés. Depuis la fin avril, toutes les importations font l’objet d’une quarantaine pouvant s’étirer jusqu’à sept jours lors de leur arrivée, indique Reuters. Auparavant, les échantillons pour vérifier la qualité étaient prélevés pendant que les produits américains franchissaient les étapes d’usage.

Des cargaisons d’oranges ont été interceptées cette semaine et des pommes ont été retournées vers les États-Unis. Des cerises n’auraient pas passé les tests, ce qui inquiète des producteurs américains qui débutent leur saison. Les délais qui accompagnent les contrôles pourraient nuire à la qualité des fruits, surtout que l’espace pour réfrigérer les fruits pourrait venir à manquer si un goulet d’étranglement se produisait en raison du temps supplémentaire pour faire les inspections. Les producteurs songent maintenant à d’autres avenues pour écouler leurs produits, par exemple en les vendant localement ou au Canada.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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