La moisissure blanche: savoir gérer le risque

La moisissure blanche, ou appelée sclérotiniose, est en prolifération au Québec depuis les 20 dernières années. Les conditions actuelles sont propices au développement du champignon dans les champs. Pour le sud de la province, la pluie des dernières semaines a mené les rangs à se refermer rapidement alors que les plants fleurissaient toujours. La ventilation qui pourrait réduire le risque est d’autant réduite. Pour les régions plus à l’est, c’est le temps frisquet et pluvieux des derniers mois qui agit comme vecteur de la pathologie.

La pression de la maladie est déjà très présente dans une parcelle de Saint-Augustin, près de Québecé Source: Jean-François Foley, agronome chez BASF

La pression de la maladie est déjà très présente dans une parcelle de Saint-Augustin, près de Québec.
Source: Jean-François Foley, agronome chez BASF

« Le mois de juillet est très important », indique Sébastien Brière, représentant de Syngenta pour l’est du Québec. « Puisque le soya fleurit longtemps et que la maladie rentre par la fleur, les risques sont augmentés (…) En fait, il faut réunir trois conditions : quand on a la présence du pathogène dans les champs, qu’il y a présence de plantes hôte come le soya ou certaines mauvaises herbes, et que l’aspect météo est réuni. À ce moment là, le risque est accru. Quand on commence à voir les signes dans le champ, il est trop tard ».

Sébastien Brière rappelle en effet qu’il n’existe moyen pour éradiquer la moisissure blanche. « Comme me l’a dit un producteur, la sclérotiniose est un peu comme le diabète. On ne peut pas en guérir mais on peut retarder la maladie en prenant de bonnes habitudes alimentaires. On est plus en mode de gestion de la maladie. La solution est donc la gestion du risque et la prévention. »

Mesures de contrôle

  • Le meilleur moyen de contrer la sclérotiniose est donc d’essayer de la prévenir. Le semis-direct aide dans ce cas puisqu’une profondeur de seulement 2 cm du sol vont être travaillé, comparativement au chisel qui retourne en profondeur le sol, ramenant ainsi les champignons en surface.
  • Choisir des variétés de soya plus résistantes
  • Suivre les recommandations des semenciers. « On s’assure de ne pas semer en plus grande quantité que ce qui est recommandé » précise M.Brière.
  • Semer en rangs de 30 pouces, au lieu de 15 ou 7 pouces.
  • Connaître ses champs. « On sait que la moisissure se retrouve surtout dans les champs de canola, de soya et dans certaines mauvaises herbes, comme la morelle. Il faut connaître les antécédents de ses champs et agir en conséquence », conseille le représentant.
  • L’application de fongicide au bon stade est très importante, rappelle Sébastien Brière. « Au stade R1 des feuilles, on agit en prévention avec le fongicide pour faire une première application. Deux semaines après, on répète avec une deuxième application. » Et l’application doit se faire de bas en haut, en remontant le plant.
  • Le champignon de la moisissure blanche peut demeurer sept ans dans le sol. La rotation ne peut donc pas éliminer le problème mais peut aider à le contrôler. « Il y avait auparavant davantage de culture de céréales et de luzernières. Les rotations sont aujourd’hui de plus en plus courtes et de plus en plus de soya est cultivé », indique M.Brière. Ne vous croyez pas hors de danger si une autre culture que le soya borde vos champs. Le champignon peut aussi se trouver sur le sol du champ de maïs voisin et se propager. C’est aussi le cas des spores libérés qui peuvent parcourir de grandes distances.

Les signes de moisissure blanche

La présence du champignons sur le sol est difficile à détecter une fois les rangs de soya refermés mais la présence de ronds brun dans le champ qui grandissent d’année en année est une bonne indication que le champ est infecté. Ces zones sont accompagnés d’un affaissement des plants.

.Les tiges de soya sont brunes avec la présence de parties noires à l’intérieur de la tige, ressemblant à des excréments de souris.

Pour plus de détails, veuillez consulter cet article paru en 2014: Moisissure blanche dans le soya

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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