Du quinoa dans un champ près de chez vous

Avec la popularité du quinoa, plusieurs pays ont tenté de cultiver le grain provenant de l’Amérique du Sud. C’est le cas pour la région angevine en France, mais plus près de chez nous, l’expérience a été tenté dans les Prairies et en Ontario. En Saskatchewan, un producteur raconte avoir tiré des profits de 1500 $ par hectare avec cette culture en 2015. Le quinoa offrirait une culture différente dans les rotations.

Au Québec, des essais de mise en cultures de parcelles ont eu lieu dans huit régions différentes l’été dernier. C’est le cas en Outaouais où une collaboration entre le Club des services agroenvironnementaux de l’Outaouais, la Ferme Baertsch à Lochaber-Partie-Ouest et le MAPAQ, a permis de tester deux cultivars à des densités de semis et de peuplement variées. Le but? Collecter le plus d’informations pour une éventuelle commercialisation.

La culture du quinoa doit toutefois respecter certaines conditions. Il faut un climat frais et le semer au printemps lorsque la température du sol atteint 15oC. Il aime les sols bien drainés et peut facilement se faire envahir pendant sa période végétative en mai et en juin. Puisque aucun produit n’est adapté pour sa protection au Canada, il faut le désherber de manière mécanique. La floraison a lieu à la mi-juillet et une trop grande chaleur peut stériliser le pollen et empêcher la production de graines.

L’été très sec et chaud de l’an dernier n’a cependant pas fait de cadeau à l’essai mené en Outaouais. Après un semis le 18 mai, 11% des graines avaient germé et survécu. Les fleurs de quinoa se sont développées début juillet mais avec un mercure de plus de 32 degré Celsius durant le mois, les fleurs ont avorté et n’ont pas produit de graines. Donc, aucun rendement.

Côté désherbage, le sarclage a été possible dans les parcelles semées avec 30 cm et 60 cm entre les rangs, mais les plantes adventices étaient beaucoup plus présentes dans le cas de rangs à 60 cm.

Les plants de quinoa semés à 60 cm entre les rangs en début floraison en juillet (gauche) et les plants à maturité en septembre (droite). Le plant du milieu tenu par  le producteur a produit davantage de panicules (entre rang : 60 cm) que les deux autres plants (entre rang : 10 cm).
Source: Agri-Réseau
Crédit photo: Félix Moore et Christine Rieux

La récolte aurait eu lieu de la mi-août à la mi-septembre, soit par mise en andain ou par récolte directe des plants debout lorsque les grains contiennent de 10% à 12 % d’humidité. La mise en andain est préférable puisque les grains peuvent sécher rapidement, ce qui peut minimiser les problèmes de récolte en temps humide.

L’expérience sera répétée en 2017, mais avec une culture plus au nord de la Petite-Nation afin de profiter des températures plus fraîches d’essayer d’avoir cette fois des rendements en grains.

Source: Agri-Réseau

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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