Le retour timide mais marqué des céréales au Québec en 2020

Est-ce les prix à la baisse du soya et du maïs, les récoltes difficiles des dernières années ou encore les conditions favorable de semis du printemps? Toujours est-il que les superficies de maïs-grain et de soya seraient en diminution au Québec cette année tandis que celles des céréales, surtout l’avoine et le blé, sont en hausse.

Selon les données dévoilées par Statistique Canada, les superficies consacrées au maïs sont en recul de 5,7 % à 890 800 acres par rapport à 2019. Il faut revenir avant les années 2000, soit en 1998, 22 ans en arrière, pour voir de tels chiffres associés au maïs. Il s’était alors semé 827 800 acres durant cette année. Celles dédiées au soya se situeraient à  885 500 acres en 2020, soit une baisse de 2,3%. Le chiffre de 2020 pour le soya se rapproche de celui de 2016, après trois années au dessus des 900 000 acres. Ces données signifient qu’il se serait semé autant de maïs-grain que de soya ce printemps au Québec.

En contrepartie, les champs semés en céréales affichent des hausses modestes mais notables. C‘est le cas du blé de printemps et d’hiver réunis dont les superficies s’élèvent à 273 400 acres. Les superficies de blé de printemps sont les plus importantes jamais enregistrées par Statistique Canada au Québec avec 240 000 acres, un bond important par rapport à l’année dernière à 180 900. Le blé d’hiver a connu un meilleur sort que l’an dernier avec 32 200 acres de blé restant mais ce chiffre demeure sous le sommet de 2018 à 45 000 acres, bien qu’il se soit semé les mêmes superficies à l’automne, soit 51 100 acres. Pour l’avoine, les superficies montent à 204 200 acres, son niveau  le plus élevé depuis 2016 et comparativement à 181 500 l’an dernier. L’orge est plutôt stable à 126 100 contre 122 200 acres en 2019.

Ailleurs au pays, plusieurs cultures ont connu des changements par rapport à 2019. Statistique Canada indique que «  la superficie ensemencée de lentilles, d’orge et de blé dur a considérablement augmenté, probablement en raison des prix et des rendements plus élevés par rapport aux autres cultures. À l’inverse, la superficie de certaines cultures, comme le canola et le soya, a chuté comparativement à 2019, possiblement en raison du fait que les agriculteurs ont délaissé les oléagineux.

Le blé est en légère hausse à +1,5 % à 25,0 millions d’acres. À l’échelle nationale, la superficie ensemencée de canola a diminué de 0,8 % par rapport à 2019 pour se situer à 20,8 millions d’acres. Les superficies de soya sont en baisse de 11,3 % à 5,1 millions d’acres. L’Ontario, Le Manitoba et le Québec, les trois plus grands producteurs de soya, ont tous affiché une réduction de leur superficie de soya, une réduction attribuée aux stocks mondiaux élevés. Les semis sont en déclin de plus de 20% au Manitoba. Le maïs-grain recule de 3,7 % par rapport à l’année précédente pour se situer à 3,6 millions d’acres. Les superficies sont en déclin également en Ontario, au Québec et au Manitoba (-19%).

Statistique Canada relève aussi que bien que le printemps sec ait favorisé les semis, « les agriculteurs ont, et continueront d’avoir leurs défis uniques à relever pour ce qui est de la production et de l’écoulement habituels de leurs cultures agricoles en raison de la pandémie ».

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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