Les stocks de soya à un sommet

La consommation réduite de la Chine a de nombreux impacts

Le Conseil international des grains (CIG) a fait part de ses plus récentes prévisions dans un rapport bienvenu, en l’absence de données du côté des États-Unis. L’organisme a rehaussé ses prévisions de novembre concernant la production de blé et de soya, tandis que les chiffres sur le maïs sont demeurés stables. Il a d’ailleurs confirmé le bond des stocks mondiaux de soya dans un contexte de resserrement de la consommation en Chine.

La production de blé a diminué pour la 1re fois en six ans à 2089 millions de tonnes, ce qui représente un creux en trois ans. L’orge est à son niveau le plus faible depuis 2012-2013. La production de maïs et de soya devrait augmenter pour 2018-2019.

Les conditions sèches et chaudes auront un impact sur la récolte brésilienne de soya de 2018-2019, confirme le CIG. La production est réduite de 4 mt, ce qui situe tout de même la récolte à un sommet grâce à une hausse de 22 mt sur un an.

La consommation de soya a été réduite pendant la même période en raison de la demande moins forte de la Chine. Les réserves atteignent un sommet de 54 mt, une hausse de 30% par rapport à 2017-2018. Les ventes de soya sont estimés stables à 152 mt, à la suite d’une réduction de la demande de la Chine pour une deuxième saison consécutive.

Les perspectives ne sont pas très bonnes pour le soya, du moins du point de vue des États-Unis. Le CIG estime que la production mondiale devrait croitre de 6% à un record de 363 mt, en raison des récoltes américaine et argentine abondantes. La mauvaise nouvelle est que la demande devrait continuer d’augmenter, mais à un rythme plus lent puisque la consommation en Chine ralentit pour une première fois en presque deux décennies.

En tenant compte de la politique américaine, les exportations des États-Unis devraient se situer bien en-dessous des sommets des saisons précédentes, avec une accumulation significative dans les réserves de soya, estime le GIC. Les réserves des principaux exportateurs ont augmenté de 80% par rapport à l’année précédente. La bonne nouvelle est que les autres régions comme l’Asie, l’Union européenne et l’Afrique devraient consommer plus de soya, ce qui pourrait contrebalancer la demande moindre des Chinois.

La production de blé devrait par ailleurs augmenter de 2% pour la saison 2019-2020 à 751 millions de tonnes, grâce à une hausse des superficies. La demande devrait continuer de faire croitre la croissance de la consommation (1% par rapport à l’année dernière). Les stocks demeureraient stables, avec une faible baisse de la part des principaux exportateurs qui devrait être annulée par des stocks plus importants en Chine.

En résumé, le Conseil international des grains estime qu’en tenant compte de l’offre réduite et d’une croissance soutenue de la  consommation, les stocks mondiaux de céréales devraient se contracter de 48 mt à 566 mt. Le ratio stocks vs utilisation est de 26,5%, le plus serré depuis 2014-2015. Le commerce devrait atteindre un pic sans précédent puisque la hausse dans le maïs devrait compenser pour les diminutions dans le blé.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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