Plus d’insectes après un hiver doux?

Les conditions exceptionnelles de l’hiver 2011-2012 auront-elles un impact sur la population d’insectes de la prochaine saison?

Un entomologiste de l’Université Purdue, Christian Krupke, mentionne sur le site Internet Ag Answers que la population élevée de certains insectes, comme la chrysomèle du haricot, à l’automne 2011, se traduira par une population élevée au printemps. Cet insecte peut traverser l’hiver au stade adulte dans les résidus de culture ou près de la surface du sol. Des températures plus clémentes favorisent leur survie.

Deux autres entomologistes de l’Université de l’État de l’Iowa, Erin Hodgson et Laura Jesse, abondent dans le même sens. Sauf qu’il faut également tenir compte de la couverture de neige. S’il y a moins de neige pour isoler les insectes du gel, leur chance de survie est moins élevée, et ce, même si les températures ne sont pas très froides.

Les insectes qui hivernent sous la surface du sol sont moins affectés, car la température du sol varie moins que la température de l’air. Mais lors d’un hiver doux, si le gel descend moins profondément, il y aura plus de survivants même pour cette catégorie de ravageurs.

Puisque le développement des insectes est lié à la température, il est possible que les larves sortent de leur dormance plus tôt que prévu. Elles utiliseront leurs réserves pour survivre au début, mais il peut arriver que les plantes hôtes ne soient pas encore au stade voulu pour les nourrir par la suite. Ainsi, le manque de nourriture pourrait maintenir la population à des niveaux acceptables.

Les variations de température sont également déterminantes pour les insectes. Pour survivre à l’hiver, les insectes entrent en dormance à l’automne. S’il y a un redoux durant l’hiver suivi de temps froid immédiatement après, ils seront plus sensibles aux blessures pouvant entraîner la mort.

Les mêmes effets de température s’appliquent aux insectes bénéfiques. Ainsi, l’équilibre prédateurs-victimes peut rester le même. Il y a plus d’insectes nuisibles qui survivent, mais il y a également plus d’insectes prédateurs.

Un bon traitement de semence permet de contrôler les insectes dans la plupart des situations. Parce que l’efficacité des traitements de semence peut varier selon l’insecte présent, un dépistage plus tard en saison permettra de vérifier s’il y a des dommages importants justifiant l’application d’un insecticide foliaire.

Johanne Van Rossum, agronome

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