Pour moins de pertes lors de la récolte de soya

La récolte de soya est débutée un peu partout au Québec, comme le confirme Miguel Provost, représentant pour Prograin. Si la qualité s’annonce bonne selon les premières livraisons, M.Provost constate aussi que le soya est sec, presque trop sec même. Le beau temps des dernières semaines et la sécheresse ont fait murir rapidement le soya. Le danger est de manquer la fenêtre idéale de la récolte. Selon de récentes recherches de l’Université du Wisconsin, le risque de pertes à la récolte augmente avec le nombre de semaines de report de la récolte. Si en plus l’équipement est mal calibré, les risques s’accroissent de 60%: il est alors question de 10% ou plus de pertes.

Maturité du soya

Le soya devrait être récolté la première fois qu’il atteint 13 à 14 % d’humidité. Une fois la maturité atteinte, le soya sèche très rapidement. À la maturité physiologique (R7), le grain contient plus de 50 % d’humidité. Toutefois, sous de bonnes conditions de séchage, les 13 % d’humidité suggérée à la récolte peuvent être atteints en aussi peu que deux semaines. À pleine maturité (R8), 95 % des gousses ont atteint leur couleur de maturité. À partir de ce moment, seulement cinq à dix jours de séchage sont requis avant la récolte.

Pertes à la récolte

Il est aussi possible de vérifier les pertes lié au passage de la machinerie ainsi que les pertes déjà existantes dans le champ. Les pertes à la récolte devraient être vérifiées en avant de la moissonneuse, derrière la tête de coupe et à l’arrière de la moissonneuse, afin de vérifier la source de la perte.  Un rectangle de 10 pieds carré est recommandé.  La longueur du cadre doit être de la largeur de la tête de coupe de la moissonneuse.

Une façon commode de mesurer les pertes consiste à arrêter la moissonneuse et à reculer d’environ vingt pieds. Les pertes sont établies à trois endroits : dans le soya debout, derrière la moissonneuse et de cinq à dix pieds derrière le soya debout. Il faut procéder au décompte des gousses par terre : quarante fèves de soyas égalent à une perte d’un boisseau par acre.

Pertes mécaniques

Voici quelques conseils quant au fonctionnement de la machinerie pour minimiser les pertes.

  • .Assurez-vous que les couteaux et les doigts soient coupants, que les plaques d’usure, les ancrages et les gardes soient bien réglés. Les chaines et les roulements à billes devraient être bien lubrifiés, et les courroies bien tendues.
  • Une bonne vitesse du rabatteur par rapport à la vitesse au sol réduira les pertes à la cueillette. L’égrenage s’accroît lorsque le rabatteur tourne trop rapidement ; les tiges peuvent tomber s’il tourne trop lentement. Utilisez une vitesse du rabatteur environ 25 % plus rapide que celle de la vitesse au sol.
  • Dans la plupart des cas, l’essieu du rabatteur devrait être de six à douze pouces en avant de lafaux. Faites fonctionner le rabatteur à lattes juste assez bas pour placer le bout à couper de la tige sur la plateforme. Le bout des doigts du ramasseur devraient offrir un dégagement d’environ deux pouces de la barre de coupe.
  • Coupez le soya aussi bas que possible pour minimiser les pertes de chaume. Des hauteurs excessives de chaume peuvent mener à d’importantes pertes.
  • Régler le dégagement entre le rotor (ou cylindre) et le contre-batteur selon les indications du fabricant dans le guide de l’opérateur. Puis, réglez les vitesses du rotor ou du cylindre selon les conditions de battage. Généralement, faites fonctionner le rotor à la plus basse à la vitesse la plus basse qui permet de battre le soya. Lorsque les fèves sont dures, il se peut que vous ayez à augmenter la vitesse du rotor ou cylindre. Pour réduire le dommage, au fur et à mesure que les fèves sèchent, diminuez la vitesse du rotor ou cylindre.
  • Avec la plupart des moissonneuses, maintenez la vitesse à environ trois milles/heure. Ralentissez en terrains cahoteux ou sous autres conditions anormales.

Source: Les faits au champ, DuPont Pioneer

à propos de l'auteur

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Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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