Quoi savoir sur les semis tardifs de maïs et soya

Les perspectives peuvent sembler sombres face aux conditions de semis du printemps mais tout n'est pas aussi noir qu'on pourrait le croire

Ici comme ailleurs, les semis accusent un retard important sur le calendrier habituel, autant pour le maïs que le soya. Malgré les changements d’hybrides et de variétés, la principale crainte est de voir les rendements fondre cette année malgré les efforts mis au printemps pour mettre en terre les semences.

Même si les auspices sont plus sombres ce printemps, tout n’est pas perdu pour autant plaide l’agronome Stéphane Myre, représentant pour Dekalb.

Les perspectives pour le maïs

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Plusieurs agriculteurs ont substitué leurs hybrides pour palier à un gel automne précoce cet automne. Ils ont ainsi adopté  des variétés plus hâtives qui ont davantage de chances d’atteindre la maturité physiologique du plant. Malgré tout, la question demeure : le maïs sera-t-il en mesure d’accumuler suffisamment d’UTM et de degrés-jours?

Stéphane Myre rappelle que selon les observations, les semis faits tardivement raccourcissent la saison de croissance active du maïs. Il a été évalué qu’une perte moyenne de 25 à 50 kg/acre en rendement est associée pour chaque jour de retard pour les semis réalisés après le 15 mai. L’agronome souligne toutefois qu’il ne faut pas faire nécessairement de lien de cause à effet; ces pertes potentielles n’indiquent pas ce que seront en réalité les rendements à la récolte.

Si les conditions de croissance sont bonnes d’ici la fin de l’automne, les rendements pourraient être très bons, à l’image des semis de 2017 qui avaient aussi connu un départ difficile.

Une étude a été menée aux États-Unis sur le lien entre le nombre de degrés-jour, la floraison et l’atteinte du point noir. Menée durant quatre ans sur quatre sites et trois hybrides différents, les résultats ont démontré que les plants semés tardivement s’étaient adaptés et ont complété leur cycle de croissance avec moins de degrés-jours de croissance (144 DJC- point noir).

Et pour le soya

Dans le cas de semis tardifs pour le soya, l’agronome indique que des aspects de la régie doivent faire l’objet de considérations particulières, comme la maturité de la variété, l’espacement entre les rangs, le taux de semis et le désherbage.

Tout comme pour le maïs, une variété pleine saison semée tardivement est liée à une baisse de rendement. Les plants risquent de produire moins de gousses puisque la floraison est écourtée et parce qu’un gel peut endommager les plants avant leur maturité. Selon des travaux réalisés à Michigan State University, les pertes de rendement consécutives au retard du semis augmentent de 26,9 kg/ha (0,4 boisseau/ acre) par jour le 1er juin jusqu’à 67,2 kg/ha (1 boisseau/acre) par jour le 1er juillet. De plus, pour chaque trois jours de retard dans le semis, la maturité du soya peut être retardée d’une journée.

Un changement pour une variété plus hâtive comporte toutefois son lot de risques. Ces derniers pourraient ne produire que des plants courts au faible potentiel de rendement

La bonne nouvelle est que le soya peut aussi s’adapter. Les chercheurs de Michigan State University rapportent que même semées en juin, les variétés de pleine saison bien adaptées peuvent donner un meilleur rendement que les variétés plus hâtives, parce ce qu’elles produisent un couvert végétal plus dense avant de commencer à fleurir. L’agronome le souligne donc: il est donc recommandé de semer des variétés adaptées pour la région jusqu’au 15 juin facilement.

Si les semis devaient avoir lieu après le 15 juin, d’autres conseils s’appliquent: 

  • dans le cas d’un changement de variété, choisissez une variété dont la maturité est de 100 à 150 UTM de moins par semaine de retard.
  • Si possible, semez en rangs étroits (7 et 15 pouces) ou avec un semoir à grain. L’objectif est de faire en sorte que les plants soient plus longs et que les premières gousses qui se développent à la base soient le plus éloignées possible du sol.
  • Augmentez le taux de semis de 10 % à 15 % afin de compenser pour les plants qui risquent de ne pouvoir exprimer leur potentiel de rendement optimal.
  • Adaptez votre programme de lutte contre les mauvaises herbes.

Source: Dekalb

 

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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