Réapprendre à faire ses arrosages

Quand et comment arroser? D’un point de vue agronomique, le sujet est maitrisée par tous mais la nouvelle réglementation sur les pesticides entrée en vigueur au printemps a semé le doute et remis en question les pratiques, selon Jean Durand de Syngenta. L’agronome donnait un atelier à la journée Académie Syngenta qui avait lieu le 12 juillet. L’entreprise a voulu faire le point sur les pratiques recommandées, particulièrement en ce qui a trait à l’atrazine, devant une assistance estimée à 140 détaillants.

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L’angle de la journée était une utilisation durable de l’atrazine, démontrée en trois ateliers. Le premier a démontré des tests faits avec ou sans atrazine sur une durée de trois ans, le second des cas concrets et la manière dont fonctionne l’arbre décisionnel de l’Ordre des agronomes et le troisième un atelier donné par François Tardif, professeur à l’Université de Guelph et spécialiste des mauvaises herbes.

M.Durand était responsable du second atelier, en tant que spécialiste de la réglementation. Les deux premiers exemples utilisés représentaient des cas faciles de prise de décision. Dans le premier, de la matière organique est présente au sol et présente peu de danger de ruissellement des produits vers les cours d’eau, ce qui représente un go pour l’utilisation d’atrazine. Le second représente plutôt un cas de non-utilisation, en raison des sols sableux, de la présence d’une pente abrupte et de l’absence de matière organique au sol. Le 3e cas de figure illustre la moyenne, soit une situation ou la prise de décision est moins évidente : un champ de loam argileux avec présence d’une rivière et des bandes riveraines à respecter.

Ce qu’il faut surtout retenir selon M.Durand est la protection des bandes riveraines. « Avant, on ne connaissait pas toutes les données. Ce qu’il faut, c’est conscientiser. On ne peut pas généraliser (…) S’il y a du vent en direction des cours d’eau, on ne se pose pas de question : on applique les normes les plus sévères en pré-émergence concernant les zones tampons ». La sécurité des cours d’eau et de l’eau souterraine est devenue une priorité, « si on veut pouvoir conserver les quelques outils (atrazine) dont on dispose », mentionne M.Durand.

Après un premier printemps d’adaptation pour tout le monde, les intervenants devront être diligents et vigilants pour l’année prochaine. L’agronome recommande de bâtir de meilleures connaissances en collectant des données sur l’année précédente et ainsi prendre de meilleures décisions au printemps prochain. Il regrette que certaines décisions aient été prises de manière plus émotive, en délaissant par exemple l’atrazine, et aient privé les producteurs de moyens pour contrer les mauvaises herbes. « On pourrait voir l’apparition de certaines mauvaises herbes, comme la renouée d’ici un à trois ans dans des champs. Mais l’important est de prendre de bonnes décisions en restant soucieux de la qualité des cours d’eau ».

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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