Résultats du RGCQ: Les hybrides et cultivars tardifs y ont goûté

Parcelles d'essai de soya près de St-Liboire en Montérégie.

Les producteurs le savent mieux que quiconque, deux événements ont marqué les grandes cultures, soient la sécheresse du printemps et début de l’été, ainsi que le gel hâtif de septembre. Au-delà de ces faits, quelles sont les données à retenir? Quels hybrides et cultivars ont le mieux faits?

Le Réseau des grandes cultures du Québec (RGCQ) dévoile à chaque fin d’année les résultats recueillis dans leurs parcelles d’essais. Petit tour d’horizon des faits marquants pour le soya et le maïs, avec chiffres en prime.

Soya

Le réseau soya des plantes oléprotéagineuses compte quatre sites dans chacune des trois zones (2500, 2600 et 2800 UTM) et deux essais sont réalisés sur chacun des sites regroupant les cultivars conventionnels d’un côté et les cultivars résistants au glyphosate (RR) de l’autre. Les tests pour les zones 2300 ont été annulés en raison du coronavirus.

L’agronome Martin Lacroix signale d’emblée que les résultats de 2020 sont sans surprise supérieurs à ceux de 2019. La différence au niveau du rendement pour les cultivars 2500 est de 20%, de 15% pour les 2600 et de 5% pour les 2800. En comparant les rendements avec ceux de 2018, les données offrent quelques surprises. Les cultivars 2500 et 2600 ont présenté des différences positives, entre 5 et 8%. La différence est toutefois minime ou nulle en ce qui a trait aux sites de 2800. « Le gel de septembre a eu un impact sur certaines variétés. La qualité entre autres des cultivars 2800 a été affectée », note M.Lacroix.

En 2020, les rendements moyens des 20 essais réalisés dans le cadre des RGCQ ont été de 4400 kg/ha, variant de 3225 à 5876 kg/ha. En 2019, les rendements moyens avaient été de 4006 kg/ha. Les rendements moyens en 2020 ont donc été supérieurs de 10 % aux rendements observés en 2019. Des baisses de rendements comparativement à 2020 ont été enregistrées pour 5 des 6 essais réalisés dans le cadre des essais les plus tardifs, soit les essais 2800.

Comme on a pu le constater, la pluie est arrivée pile poil et a sauvé la saison. « La pluie a débourré les plants. Notre parcelle de 2500 a explosé et a terminé la saison avec 1m, 1,5m de hauteur. (…) 2020 a été sec mais la pluie est arrivée au bon moment et a rescapé l’année. La météo a joué en notre faveur ».

Avec suffisamment d’UTM, juste assez de pluie quand ça comptait, 2020 compte parmi les bonnes années. Le soya a montré plus de résilience face à des conditions difficiles. « C’est surprenant. On ne s’attendait pas à ça », avoue M.Lacroix.

Cliquez-ici pour consulter les résultats des essais.

Maïs

La saison 2020 a bien mieux débuté et malgré de nombreuses embûches au bon déroulement de la saison, les résultats sont au final bien meilleurs que ceux de 2019 qui passeront à l’histoire pour les mauvaises raisons. Les rendements moyens enregistrés au Québec en 2019 ont été de 8880 kg/ha. Il faut remonter à 2014 pour voir des rendements moindres.

La pandémie a ici aussi amputé de sites d’essais, soient ceux de Saint-Alexis-de-Montcalm, situé dans la zone de 2500 à 2700 UTM. Les sept autres sites ont été ensemencés : Saint-Mathieu-de-Beloeil, Saint-Hyacinthe et Iberville dans la zone de 2700 à 2900 UTM; Saint-Bonaventure et Saint-Samuel dans la zone de 2500 à 2700 UTM; Princeville et Saint-Augustin dans la zone de 2300 à 2500 UTM.

Gilles Tremblay estime que la croissance du maïs a été ralentie en septembre, marqué par du temps plus froid qu’en moyenne et un gel hâtif le 20. Selon les données du RGCQ, près de 50 % des hybrides évalués étaient parvenus à maturité avant cette date. Peu d’hybrides affichaient également des teneurs en eau supérieures à 40 %. Les producteurs s’en sont assez bien sortis grâce à l’accumulation d’UTM plus tôt en saison, et malgré le manque d’eau à ce moment là.

Les rendements moyens du maïs-grain dans l’ensemble des essais des RGCQ ont été de 19 % plus élevés en 2020 (12,9 t/ha) comparativement à 2019 (10,8 t/ha). Les hausses de rendements ont été beaucoup plus importantes pour les sites situés dans la zone 2500 à 2700 UTM avec une augmentation de 31 %. La zone de 2300 à 2500 UTM suit avec des augmentations de 15 %, tandis que celles enregistrées dans la zone de 2700 à 2900 UTM ont été de 12 %.

À la récolte, les teneurs en eau des grains ont été de 5 à 6 points plus secs en 2020 qu’en 2019. En 2020, les poids spécifiques moyens des grains ont été de 66,6 kg/hl comparativement à 59,8 kg/hl en 2019, ce qui représente une différence de près de 7 kg/hl entre les deux années. Les plus grandes différences ont été observées dans la zone de 2500 à 2700 UTM avec des écarts de 10 à 12 kg/hl.

Il existe un lien très fort entre les variations annuelles des rendements obtenus dans les essais de maïs-grain des RGCQ et les variations annuelles des rendements provinciaux établis par l’ISQ (Institut de la statistique du Québec). En vertu de ce lien, les rendements provinciaux moyens seraient estimés à plus ou moins 10 tonnes par hectare en 2020. Les rendements moyens provinciaux seraient donc comparables à ceux obtenus en 2017.

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à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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