Seulement 1% de gain par 100 UTM

Si une zone dispose de 2 800 UTM, quel gain de rendement peut-on espérer obtenir en utilisant des hybrides de 2 900 UTM?

C’est le constat auquel en arrive Jean-Marc Montpetit, sélectionneur maïs chez Corteva. M. Montpetit en a fait part aux producteurs et aux conseillers présents lors de la Conférence Toujours mieux 2020, que le semencier Corteva a tenu à Drummondville les 25 et 26 février derniers.

Seulement 1 %? Cette conclusion a manifestement étonné plusieurs participants. «Tout le monde pense que c’est plus que ça, lance celui-ci. Moi-même, je le croyais!»

Cette conclusion s’appuie toutefois sur une analyse solide. Le chercheur a scruté les résultats obtenus dans une centaine de sites expérimentaux québécois depuis neuf ans. Il s’agit en fait du réseau d’essai qu’a développé Corteva, où plus de 15 000 hybrides sont testés chaque année.

La règle, si l’on peut dire, est donc simple : 100 UTM d’écart, c’est 1% de variation de rendement. Et cela va dans les deux sens, vers le bas comme vers le haut. Si l’on retranche 100 UTM à l’hybride, on doit s’attendre à une baisse de rendement de 1 %.

M. Montpetit a pu vérifier que cette règle est valable jusqu’à un écart de 300 UTM. Un hybride dont la maturité est inférieure de 300 UTM à celle de la zone concernée donnera donc en moyenne un rendement inférieur de 3 % à celui d’un hybride adapté à la zone. «Nos analyses montrent que la relation est linéaire», formule-t-il.

Et au-delà de 300 UTM? «Je ne sais pas si la règle demeure valable au-delà de 300 parce que notre fourchette d’essai est limitée à 300, exprime-t-il. Mais j’en doute parce que lorsqu’un hybride est beaucoup plus hâtif que ce que la zone offre, certaines études démontrent qu’il peut survenir des problèmes dans le développement de l’épi. Comme le plant fleurira tôt en juillet en conditions chaudes et sèches, le stress hydrique peut entraîner un mauvais remplissage des grains. Les grains du bout de l’épi ne se formeront pas. Parfois, c’est même l’épi au complet qui avortera.»

Cela dit, la règle du «1% par 100 UTM» appelle certaines nuances. D’expliquer le chercheur : «Il s’agit d’une moyenne qui porte sur des milliers d’hybrides et qui ne tient pas compte de certains traits spécifiques que possèdent des hybrides. Par exemple, parmi les hybrides tardifs, certains sont dits défensifs, car ils fleurissent tôt. Ces hybrides sont moins susceptibles d’être pénalisés par un manque de chaleur en fin de saison. Dans leur cas, le gain de rendement sera un peu supérieur à 1 %.»

Quelle leçon en tirer? «Ça ne donne pas grand chose de trop forcer la note vers le haut comme vers le bas, répond Jean-Marc Montpetit. Il me paraît sage de s’aligner sur la recommandation habituelle, qui est d’ensemencer 50% de ses superficies avec des hybrides adaptés, 25% avec des hybrides hâtifs et 25% avec des tardifs.»

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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