S’il fallait mettre le soya en terre après la mi-juin

Taux de semis et écartement des rangs gagneront à être revus

Il y a actuellement très peu de soya semé au Québec. Avec la météo qui s’annonce pour les prochains jours, rien ne laisse entrevoir un rattrapage. En fait, au rythme où vont les choses, il ne serait pas étonnant que des producteurs doivent semer leur soya à la mi-juin et même un peu plus tard.

À ceux qui se retrouveraient dans cette situation, l’agronome Stéphane Myre suggère d’augmenter le taux de semis et de réduire l’espacement entre les rangs. « Pour maximiser le rendement, je conseille d’augmenter le taux de 10 à 15 % et de ramener l’espacement à 15 pouces ou moins », formule-t-il.

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C’est la physiologie particulière du soya qui incite le conseiller de Dekalb (Bayer) à recommander ces ajustements. « Le soya est une plante dont le développement est très influencé par la photopériode, explique-t-il. Sa floraison est déclenchée en bonne partie par la lumière. Lumière qui est maximale au solstice, le 23 juin. Quand il est semé aussi tard, le plant passe vite en mode reproductif plutôt que de taller. »

« L’idée derrière une augmentation du taux de semis et une réduction de l’écartement, c’est de forcer l’élongation des entrenœuds, poursuit Stéphane Myre. En somme, on cherche à provoquer un effet d’étiolement pour que le plant se développe en hauteur et pour éloigner la première gousse du sol. »

L’agronome conclut sur une note rassurante : «La recherche a amplement démontré qu’un délai de trois semaines au semis entraîne un délai d’environ une semaine à la récolte. C’est un rapport trois pour un. La plante possède une certaine capacité de compenser pour un retard au semis.»

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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