Vergerette du Canada résistante confirmée au Québec

Deux foyers de vergerette du Canada ont été confirmés résistants aux herbicides du groupe 2.

Pour la première fois, le Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ confirme la présence de vergerette du Canada résistante aux herbicides du groupe 2, rapporte le Réseau d'avertissement phytosanitaire (RAP). Le premier des deux foyers se trouvent dans la MRC de Montcalm, dans la région de Lanaudière, et le second est situé dans la MRC de Vaudreuil-Soulanges, en Montérégie-Ouest.

La vergerette du Canada a démontré de la résistance à plusieurs groupes d’herbicides aux États-Unis (groupes 2, 5, 7, 9 et 22). Au Canada, des cas de résistance aux herbicides des groupes 2, 9 et 22 ont été confirmés.

La résistance est liée à une mutation génétique qui annule l'effet de l'herbicide. Les deux foyers affichent deux mutations différentes. Le RAP souligne d'ailleurs que même si les deux mutations ont déjà été répertoriées chez d’autres mauvaises herbes, "il s’agit de leur première mention au monde dans le génome de la vergerette du Canada".

La résistance dans le champ de Lanaudière ne serait pas une surprise puisque la population dans cette région est soupçonnée être résistante depuis plusieurs années. Des tests en laboratoire en 2018 pointaient dans cette direction et des essais en champ ont montré des résultats mitigés avec l’herbicide FIRSTRAT (cloransulame-méthyl). Le champ en Montérégie était cultivé en soya IP en 2020 et en maïs en 2019. L'historique du champ donne peu d'information pour le moment, mais une utilisation répétée d’herbicides du groupe 2 serait en cause.

Le RAP avertit que la vergerette du Canada a un fort potentiel de nuisance dans plusieurs cultures telles que le maïs-grain et le maïs fourrager ainsi que le soya. Son effet serait moindre dans les légumes et les petits fruits.

La mauvaise herbe est très bien adaptée à la régie en semis direct puisqu'elle émerge principalement à l’automne, avant de reprendre sa croissance au printemps. Comme un faible pourcentage de ses semences germe au printemps, sa croissance est en grande partie limitée par les opérations de labour et de travail de sol en préparation des semis.

Chaque plant peut produire de 1000 à 100 000 graines, selon sa taille et les conditions de croissance, et les graines peuvent être propagées par le vent, ce qui augmente les risques de voir les champs voisins contaminés.

Le RAP indique qu'une étude a montré des pertes pouvant aller jusqu’à 83 % dans le soya, avec une densité de population de vergerette du Canada de 150 plants/m2, en travail minimum. D’autres études portant sur l’oignon et la carotte ont aussi mis en évidence que la présence de vergerette pouvait diminuer l’efficacité des opérations de récolte en raison de l’obstruction de ses tiges dans les appareils de récolte.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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