2020 sera une bonne année pour le marché du porc

Les producteurs québécois bénéficieront de l’entente entre le Chine et les États-Unis, et de la nouvelle convention de mise en marché

L’année porcine 2019 a été marquée par la peste porcine africaine en Chine et par la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis. L’année 2020 sera quant à elle influencée par la pénurie de porc en Chine et par l’entente entre la Chine et les États-Unis. Le dollar canadien et la nouvelle convention de mise en marché des porcs auront aussi un impact sur les prix pour les producteurs.

2019

En raison de la peste porcine africaine, la Chine a perdu 40% de sa production en 2019. Durant la dernière année, les marchés étaient incertains parce qu’ils ne savaient pas comment la Chine allait réagir, mais aussi parce qu’ils manquaient d’informations sur l’ampleur de la crise. « Par rapport à la perte, la Chine a peu acheté », explique le stratège de marché Gabriel Joubert-Séguin de RJO’Brien.

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L’autre élément qui a marqué l’année 2019 est la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. « La Chine a peu acheté en Amérique du Nord par rapport à d’autres régions du monde », explique Gabriel Joubert-Séguin. La quantité de porc acheté aux États-Unis par la Chine représente environ l’augmentation de production américaine. Donc, ça n’a pas eu d’impact sur les prix du porc.

Au Québec, la nouvelle formule de prix de la convention de mise en marché du porc a avantagé les producteurs de porcs puisque la différence entre le prix cash et le prix de découpe était élevé.

2020

Le début de l’année 2020 sera marqué par la signature de l’entente entre la Chine et les États-Unis. Il reste toutefois plusieurs inconnus. « On ne connaît pas les détails, dit Gabriel Joubert-Séguin. L’entente prévoit 40 milliards en dollars US de commodités agricoles, principalement du soya et du porc. Mais on ne sait pas comment ils vont y arriver puisqu’avant la guerre commerciale, les États-Unis exportaient entre 24 et 29 milliards de dollars US vers la Chine. »

Les marchés s’attendent donc à une très forte demande pour le porc américain, mais ce sera relatif. « Pour le prix cash, ça ne fera pas une grosse différence », explique Gabriel Joubert-Séguin. Pour les éleveurs de porcs québécois, c’est surtout la nouvelle formule de la convention qui bénéficiera les producteurs d’ici. « L’automne dernier, ils ont eu 30$ de plus par porc en lien avec la nouvelle convention », explique Gabriel Joubert-Séguin.

Donc, le prix du porc remontra un peu en début d’année pour revenir à la normale. Après, ça dépendra des achats par la Chine.

2021

Pour 2021, Gabriel Joubert-Séguin s’attend à une reprise de la production porcine en Chine et une surabondance de viandes sur les marchés internationaux. Sur ce, il n’est pas d’accord avec l’économiste Brett Stuart, président de Global Agribrands, qui émettait des doutes sur la capacité de la Chine à se remettre de la peste porcine africaine  lors d’une conférence au Porc Show en décembre dernier.

« Ce n’est pas ce qu’on voit, dit Gabriel Joubert-Séguin. Déjà en novembre, il y avait 7% de plus de porcelets produits comparativement à septembre. Ils sont en voie de reprendre leur production. On pense qu’à peu près en 2021, on va se retrouver dans l’après peste porcine. Avec l’augmentation de production en Union européenne, au Brésil et aux États-Unis, on va se retrouver avec beaucoup de viande sur les marchés internationaux. »

Bœuf

Le bœuf bénéficie de la pénurie de porc en Chine, même si ce n’est pas la viande de prédilection des Chinois. Cependant, le principal vendeur de bœuf vers la Chine est l’Australie qui est aux prises avec des feux de forêt dans tout le pays. Il reste à savoir si ces feux auront un impact sur les exportations de bœuf vers la Chine.

Gabriel Joubert-Séguin explique que le prix du bœuf devrait baisser un peu ce printemps pour remonter par la suite. En 2020, le prix de l’été sera un peu mieux qu’à l’habitude. Le prix du bœuf suit un cycle annuel inversé comparativement au prix du porc.

$CAN

En 2020, la devise canadienne devrait s’apprécier autour de 80 ¢US. Cela viendra diminuer l’effet de l’augmentation du prix du porc. « La devise pourrait jouer le trouble-fête », explique Gabriel Joubert-Séguin. Autant dans le porc que dans le bœuf, le prix de la viande est déterminée en dollar américain.

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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