Ligne de temps

Avant de choisir les robots de traite

À l’automne 2016, Valacta a offert des ateliers à des producteurs laiters sur les robots de traite. Au total, 250 producteurs ont été rencontrés. « 90% n’avaient pas encore acheté », raconte l’agronome Gervais Bisson, expert en production laitière – robots de traite chez Valacta.

PHOTO: MARIE-JOSÉE PARENT

« Après ces formations, certains ont acheté une salle de traite. Nos rencontres avaient pour but de donner de l’information, pas de vendre des robots. »

Quelle est ma motivation?

Gervais Bisson remarque que les raisons qui motivent l’achat de robot ne sont souvent pas économiques. Les producteurs veulent améliorer leur qualité de vie ou encore avoir plus de flexibilité dans les heures de travail. Pour d’autres, le robot facilite physiquement la tâche de la traite.

Vais-je sauver de l’argent avec mon robot?

Le robot peut être un choix économique, mais pas toujours. La grande majorité des vaches au robot produisent en moyenne plus de lait, mais certaines diminuent leur production après le passage à la robotique.

Le robot peut aussi sauver du temps de travail, mais avec un troupeau de 50 vaches, ça ne fait pas sauver un employé. Une étable bien conçue et équipée de robots pour traire 120 vaches peut être opérée par une seule personne. Il est alors plus facile de chiffrer l’économie de main d’œuvre.

La différence entre le coût de construction d’une étable avec salle de traite et robotique n’est pas significative, dit Gervais Bisson. Le robot coûte plus cher que la salle de traite, mais le bâtiment coûte plus cher pour l’étable munie d’une salle de traite.

Quelle est mon habileté avec l’informatique?

Un robot est une belle technologie qui permet de collecter de nombreuses informations. Cela implique de travailler avec le système informatique. C’est essentiel si l’on veut tirer le maximum de son investissement.

Mes vaches sont-elles prêtes pour la stabulation libre et la robotique?

Il est sage de préparer les vaches à la transition qu’elles vivront. La plus grande difficulté que vivra la vache est le passage à la stabulation libre. Dès que la vache est habituée à reculer et à aller manger et boire dans un autre endroit, il sera plus simple pour elle d’aller vers le robot. « Il faut s’attendre qu’une vache diminue sa consommation au début », dit Gervais Bisson.

Il recommande de sélectionner ses vaches jusqu’à deux à trois ans avant la mise en fonction de la nouvelle étable. Pour cela, on sélectionne les taureaux en fonction de la faciliter au robot et on réforme les vaches qui n’ont pas un beau pis et des trayons bien alignés. La qualité des pieds et membres a aussi une grande importance.

Combien de temps vais-je consacrer à la transition?

Il faut prévoir jusqu’à six mois ou un an avant que les vaches soient habituées à la stabulation libre et qu’elles aient au robot sans qu’on ait à les pousser. Parfois, c’est plus court. D’autres fois, c’est plus long.

Durant ce temps, il est sage de prévoir une personne de plus au troupeau que pour le roulement régulier. Si on ne le fait pas, la fatigue des producteurs se fait sentir. C’est alors les relations de couple et les relations familiales qui en souffrent. Le merveilleux robot devient alors source de discorde.

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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