Contrer la douleur à l’ère du bien-être animal

Les vétérinaires Martin Choinière et Martine Denicourt.

Les vétérinaires Martin Choinière et Martine Denicourt.

« Savez-vous reconnaître un porcelet qui va moins bien? », demande la vétérinaire Martine Denicourt, du groupe Services vétérinaires ambulatoires Triple-V et de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, aux quelque 240 personnes réunies lors de la première Soirée Techni Porc à Drummondville

Parmi les cinq libertés reconnues pour le bien-être des animaux, la liberté de douleur, de blessure et de maladie était au cœur de la conférence offerte par Martine Denicourt et le vétérinaire Martin Choinière, consultant en médecine porcine au Centre de services des Deux-Rives du réseau La Coop.

Une fois que l’animal souffrant est identifié, il faut prendre action. « Le pire choix est d’attendre et de ne rien faire », insiste Martin Choinière. Avec son vétérinaire, le producteur est à même de faire les bons choix. Toutefois, « ce qui est autour de l’animal est souvent aussi important que ce qui est dans la bouteille », précise Martin Choinière. Il faut donc s’assurer d’avoir un environnement propre et confortable.

Anti-inflammatoires et analgésiques

Il y a un coût à l’utilisation des anti-inflammatoires qui diminueront l’enflure et conséquemment la douleur. Il y a cependant un coût à ne pas les utiliser. Un animal qui souffre diminuera sa consommation ou ne mangera pas. Il diminuera sa croissance. Il ne faut donc pas juste regarder le coût du médicament, mais aussi l’impact économique de ne pas en utiliser. Et surtout, socialement, le producteur porcin doit démontrer qu’il prend bien soin de ses animaux.

Les boiteries sont une cause de réforme importante des truies. Si l’on choisit de soigner l’animal, le confort sera très important. « C’est une chose que le public sera content d’apprendre qu’on peut faire », dit Martin Choinière.

Diminuer la douleur, c’est aussi lors de la castration et de la taille de la queue. « Ce n’est pas vrai que les porcelets n’ont pas mal lorsqu’ils se font castrer », explique Martine Denicourt. « Pourquoi attendre? On ne doit pas laisser souffrir un animal inutilement », ajoute Martin Choinière.

Euthanasie des porcelets

Parfois, l’euthanasie est la meilleure option. Dans leur présentation, les deux vétérinaires proposent d’autres options que le choc crânien, qui malgré une efficacité et une rapidité reconnue, a mauvaise presse. L’utilisation du pistolet percuteur est une de ces options. Martine Denicourt a fait une étude sur l’électrocution pour l’euthanasie. Il ne lui reste qu’à écrire le rapport scientifique.

10 ans de Soirée Techni Porc

Camille Moore, DMV, Martin Choinière, DMV, Stéphane Rodrigue, agr., Geneviève Bouchard, spécialiste de sélection PIC, Martine Denicourt, DMV, SVA Triple-V et FMV, Alexandre Cloutier, agr. Agri-Marché, Ronald Drapeau, directeur général CIPQ

L’animateur de la soirée, le vétérinaire Camille Moore, avec les conférenciers Martin Choinière, DMV, Stéphane Rodrigue, agr., Geneviève Bouchard, spécialiste de sélection PIC, Martine Denicourt, DMV, SVA Triple-V et FMV, Alexandre Cloutier, agr. Agri-Marché, et Ronald Drapeau, directeur général CIPQ.

La Soirée Techni Porc célébrait cette année sa dixième édition. Présenté gratuitement grâce à deux commanditaires, le CIPQ et PIC, l’événement a lieu à deux reprises à deux endroits: Drummondville et Sainte-Marie. Chaque année, l’événement aborde un thème différent. Cette année, c’était la maternité.

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires