De la recherche sur la litière faite de fumier recyclé

L’économie financière liée à l’utilisation du fumier recyclé comme litière pour les vaches intéresse de plus en plus de producteurs laitiers. Afin de mieux conseiller et outiller les producteurs à ce niveau, deux projets de recherche sont en cours en ce moment.

Le Centre de recherche en science animale de Deschambault (CRSAD) vient de recevoir une subvention de 665 546$ d’Agriculture et Agroalimentaire Canada. Le projet financé permettra d’établir les meilleures méthodes de fabrication de litières recyclées à base de fumier, et faire des recommandations sur les meilleurs modes de gestion, pratiques et technologies à adopter, en tenant compte du bien-être des animaux et des travailleurs, sans oublier la salubrité des produits.

En entrevue, le directeur général du CRSAD, Pierre Baril, explique qu’il s’agit d’un projet multidisciplinaire mené sur trois années. Ce dernier a débuté plus tôt cette année avec l’évaluation des différents équipements. « Nous allons commencer prochainement avec la production de litière et par la suite, nous en mettrons sous les vaches », dit-il. Les premiers résultats sont attendus dans deux ans.

Les partenaires du projet multidisciplinaire sont le CRSAD, Agriculture et agroalimentaire Canada, l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), Valacta, l’Université Laval, l’Université du Québec à Rimouski, la Faculté de médecine vétérinaire et l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie du Québec.

Recherche sur le terrain

Un deuxième projet sur la litière recyclé est effectué par l’équipe de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. Mené par le professeur Simon Dufour, l’étude vise à documenter les pratiques actuelles des producteurs qui utilisent le fumier recyclé comme litière, la qualité bactérienne de la litière produite et l’impact sur la santé de la glande mammaire des vaches laitières et la composition bactérienne du lait.

Comment transforment-ils le fumier? Combien de temps le traitent-ils avant de le mettre sous les vaches? Est-il composté? Comment utilisent-ils la litière? Quelles sont les bactéries présentes dans la litière produite? Quel est le niveau de confort et de propreté des vaches? Quelle est l’incidence sur les cas de mammites et sur la multiplication des bactéries dans la litière? Quel est l’impact sur la qualité du lait? Est-ce que la composition du lait va changer au point d’affecter la fabrication de fromage? Ce sont ce genre de questions auxquelles l’équipe de Simon Dufour tentera de répondre.

L’équipe termine actuellement le recrutement des fermes sur fumier recyclé et effectue le recrutement des fermes conventionnelles. Une trentaine de fermes font partie du projet. L’équipe de Simon Dufour récoltera les échantillons de décembre à mars et les premiers résultats devraient être disponibles dans environ un an.

« À priori, je croyais que c’était une mauvaise idée, raconte Simon Dufour. Maintenant, je pense que nos recommandations risquent d’aller du côté de l’importance d’être méticuleux pour bien réussir. Être rigoureux et méthodique. Je ne crois pas que ce soit fait pour tout le monde »

Simon Dufour explique que la demande pour un tel projet provient des agriculteurs qui déploraient un manque d’informations de nature scientifique sur ce nouveau procédé. Le projet de la Faculté de médecine vétérinaire est financé par Novalait, le CRIBIQ, le FRQNT et le CRSNG.

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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