Des pâturages pour attirer les abeilles

Un projet mené aux États-Unis vise à aider à la fois les bovins et les abeilles

Une étude visant à favoriser à la fois les bovins et les pollinisateurs débute cette année dans l’état de Virginie aux États-Unis. Dans ce projet, des fleurs sauvages indigènes seront intégrées aux pâturages existants.

Aux États-Unis, il y a ce qu’on appelle la « ceinture de fétuque » qui s’étend sur 1600 kilomètres au travers des états du Sud-Est, de la Virginie aux Carolines à l’est jusqu’au Kansas et l’Oklahoma à l’ouest. Son nom provient de la graminée dominante, la fétuque élevée, qui nourrit des millions de bovins sur des milliers de fermes et de ranchs.

Originaire de l’Europe, la fétuque élevée a été introduite au milieu du 20e siècle en raison de sa rusticité, sa résistance à la sécheresse et au froid, ce qui la rend parfaite pour nourrir les bovins au printemps et en été.

Ces pâturages abritent cependant un champignon qui peut causer des problèmes aux animaux, spécialement durant les étés chauds. C’est aussi une plante très invasive qui peut évincer les fleurs sauvages et les autres plantes indigènes. Cela peut contibuer au déclin de la population d’abeilles et d’autres insectes pollinisateurs.

Une nouvelle étude menée par la professeure Megan O’Rourke, du collège d’agriculture de Virginia Tech (Institut polytechnique et universitaire d’état de Virginie), s’intéresse aux deux problèmes.

L’équipe de recherche plantera des herbes et des fleurs sauvages dans les pâturages des stations de recherche en Virginie et au Tennessee, et sur six sites sur des fermes dans le nord de la Virginie, y compris sur les terres agricoles de la Fondation Thomas Jefferson.

« Nous essayons de transformer le paysage pour soutenir à la fois le bétail et les pollinisateurs en plantant davantage de fleurs sauvages indigènes sur les terres agricoles », explique Megan O’Rourke.

Le projet de 1,8 million de dollars est financé conjointement par le fédéral et par un organisme sans but lucratif appelé Virginia Working Landscapes. L’équipe testera 20 fleurs sauvages différentes originaires de Virginie et du Tennessee. Elle mesurera celles qui attirent le plus d’abeilles et, lorsqu’elles sont plantées aux côtés d’herbes indigènes, produit le bétail le plus sain. La subvention a été octroyée en décembre et les travaux commencent au début de 2020.

La subvention pour les abeilles et le bœuf fait partie d’un vaste effort du gouvernement fédéral pour étudier et combattre le déclin continu des populations d’abeilles.

« Le principal problème de santé que la fétuque cause aux bovins, la toxicose de la fétuque, n’est pas mortel, mais cela coûte probablement des millions de dollars par an à l’industrie du bétail », explique Ben Tracy, l’un des cinq professeurs de Virginia Tech à participer au projet. Les bovins atteints ont du mal à réguler leur température corporelle par temps chaud et ils ne mangent pas autant et ne prennent pas autant de poids que les bovins en bonne santé. «J’espère que l’ajout d’herbes et de fleurs sauvages indigènes aux pâturages réduira la toxicose de la fétuque», dit-il. Si l’étude est concluante, les chercheurs auront contribué à développer une stratégie de type gagnant-gagnant pour les bovins et les pollinisateurs.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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