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7 façons de favoriser un comportement idéal des vaches

Le Dr Trevor DeVries, professeur au Département des biosciences animales de l’Université de Guelph, était l’un des conférenciers invités lors d’une journée sur l’alimentation à l’Université de Cornell (NY) en octobre dernier. Il a décrit le comportement des vaches et a expliqué les pratiques favorisant un meilleur comportement de celles fraîchement vêlées. Voici 7 faits saillants de sa présentation.

  1. Activités quotidiennes

Une vache doit accomplir certaines activités chaque jour. Par exemple, celles qui sont gardées en stabulation libre et qui disposent d’une ration totale mélangée (RTM) vont passer 3 à 5 heures par jour à la mangeoire, 30 minutes à l’abreuvoir, 10 à 13 heures couchées, 2,5 à 3,5 heures hors de leur enclos pour la traite et 7 à 9 heures de rumination. Il est connu qu’une vache dérangée ou contrainte dans ses activités risque de ne pas produire à son plein potentiel et est plus susceptible aux problèmes de santé.

Le temps où elles sont couchées n’est pas seulement favorable à une forte production, mais aussi à la prévention des problèmes de santé des onglons et des boiteries qui en résultent. En fait, les facteurs qui encouragent les vaches à se coucher, tels que des stalles plus grandes, moins restrictives, et l’utilisation d’une litière appropriée, ont tous été associés à une baisse des cas de boiterie.

  1. Alimentation

La consommation d’aliments est une fonction du comportement alimentaire. C’est-à-dire que la consommation d’aliments est le résultat du nombre de repas quotidiens et de la quantité d’aliments ingérés à ces repas. Ainsi, si une vache doit consommer plus d’aliments, elle doit ajuster certains aspects de son comportement, ce qui est le cas pour les vaches en début de lactation qui, souvent, ne peuvent consommer assez d’aliments pour satisfaire les besoins de la production. Il est donc critique de maximiser le temps disponible à la mangeoire et de favoriser la prise de nombreux petits repas pour garder la stabilité du pH du rumen et diminuer les risques d’acidose sous clinique.

  1. Rumination

L’importance du temps de rumination ne doit pas être sous-évaluée. La rumination contribue à la stabilité de l’environnement dans le rumen, de son activité microbienne et du taux de fermentation, donc du passage de matériel. Bien que la rumination soit grandement influencée par la ration, les facteurs qui affectent les activités quotidiennes peuvent aussi avoir un impact. L’activité de rumination se produit surtout la nuit et à la mi-journée, entre d’autres périodes d’activités. En conséquence, un dérangement du temps normal de repos dû à d’autres facteurs, par exemple le confort de la stalle, le temps à attendre debout et les agitations sociales, peut réduire le temps de rumination.

  1. Comportement

Une gestion attentive du comportement des vaches fraîches peut être utile. Ceci permet d’identifier les vaches malades ou même à risque de l’être. Plusieurs fermes qui ont investi dans des technologies de pointe, comme les robots de traite, auront plus de facilité à cerner les changements de comportement, dont le temps de rumination.

  1. Transition

Le passage d’une ration pour vaches taries à celle pour vaches en lait constitue un changement important en début de lactation. Il est bien connu qu’une vache aura besoin de 7 à 14 jours pour ajuster la consommation volontaire de matières sèches lors de ce changement. Elle devra consommer beaucoup plus rapidement de gros repas moins fibreux et avec des particules plus petites. En conséquence, la formulation pour les vaches fraîches devra minimiser ces effets en procurant une source de fibres effectives et en limitant l’utilisation d’amidon hautement fermentable. Des additifs alimentaires qui ont un impact positif sur l’environnement dans le rumen peuvent améliorer le comportement alimentaire. Il a été démontré que la supplémentation de souches vivantes de levure Saccharomyces cerevisiae et de monensin favorise des repas plus fréquents et moins volumineux.

  1. Début lactation

La fréquence et le moment des services de la ration sont des facteurs importants pour stimuler la consommation en début de lactation. Le service de plus d’une nouvelle ration par jour apportera une consommation volontaire mieux distribuée au cours de la journée et améliorera l’accès à la ration fraîche pour les vaches dominées. Le fait de repousser les aliments à la mangeoire contribue à ce que les aliments soient disponibles en tout temps et minimise la variation des aliments consommés.

  1. Hébergement

La surpopulation doit être évitée pour les enclos de vaches fraîches afin qu’elles puissent maximiser leurs occasions de manger et de se coucher. De plus, garder les taures en première lactation dans des groupes séparés des multipares et minimiser les changements de groupe aident à diminuer le stress social.

 

 

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