Il détecte le feu avant qu’il soit trop tard

Un producteur laitier a sauvé son étable grâce à une technologie

Imaginez découvrir la présence d’un feu dans l’étable dès les premières flammes et l’éteindre avant qu’il soit trop tard. C’est exactement ce qui est arrivé à Karl Faucher de la Ferme Faucher et fils de Saint-Ephrem, en Beauce, le mercredi 23 septembre 2020.

Il a même eu le temps de prendre une photo avec son cellulaire. Par la suite, il a partagé son aventure sur Facebook:

«Ce soir, vers 22h, je me suis fait réveiller par des messages textes. Je recevais des alarmes de mon moniteur PrevTech (système de surveillance de réseau électrique). Apparement il y avait un circuit qui était défectueux.

Voici ce que j’ai trouvé en arrivant à l’étable.
Notre système à sauver notre bâtiment et notre troupeau!
Merci PrevTech innovation!»

Les réactions des internautes ont été nombreuses : « À regarder ça j’ai vraiment des frissons! » « WoW! Tellement contente que tout se termine bien » « Oufff…..MERCI MON DIEU! Quelle bénédiction! » « OMG! Une chance que vous aviez votre système!!! »

Ce qui a permis à Karl Faucher de sauver son étable, c’est l’installation d’un système de prévention du réseau électrique à l’étable de la compagnie PrevTech Innovations.

« Il était vers 22h, raconte Karl Faucher au téléphone. Je me suis fait réveiller par les alertes sur mon cellulaire. Je n’avais pas le goût d’y aller, mais je me suis levé quand même. J’étais en train de m’habiller quand le gars de PrevTech m’a appelé. Il voulait être sûr que j’aille voir ce qui se passait. »

Arrivé à l’étable, il ne voit pas de feu, mais remarque que les animaux regardent tous dans la même direction. Des flammes et un peu de fumée se dégageaient d’un moteur pour actionner le fonctionnement de la vis à moulée pour les veaux. Il regarde en pensant à la meilleure stratégie à prendre. Il se rend compte que le feu ne progresse pas rapidement et décide de prendre une photo. Il ferme le disjoncteur et souffle sur le feu. Puis, il remplit une chaudière d’eau pour être certain que le feu ne reparte pas par la suite.

« On a été chanceux parce que le moteur n’était pas collé sur le mur, dit Karl Faucher. Il est en plastique. C’est du pétrole! Il ne faisait pas trop chaud non plus. Donc, la ventilation tunnel n’était pas au maximum. » L’étable a donc été en partie sauvée par la chance, mais beaucoup par la prévention.

Un service de prévention

Rejoint au téléphone, Tony Rodrigue, copropriétaire de la compagnie PrevTech Innovations, explique que tout l’environnement d’un bâtiment d’élevage favorise la propagation rapide d’un incendie. « Quand ça s’enflamme, c’est souvent trop tard », dit-il. Il en résulte des pertes économiques et sociales importantes.

« Plus de 50% des incendies dans les bâtiments d’élevage sont d’origine électrique », explique Tony Rodrigue. En 2016, on dénombrait environ 200 bâtiments agricoles détruits par un incendie.

C’est pourquoi le produit que l’entreprise offre sert à détecter les anomalies sur le réseau électrique avant qu’il y ait un problème plus grave. En plus d’installer un équipement, l’entreprise offre un service de surveillance à distance puisque les capteurs sont accessibles à distance. Ainsi, si le problème persiste, l’entreprise va appeler le producteur directement pour l’accompagner dans la surveillance de la défaillance. C’est ce qui s’est produit chez Karl Faucher.

« Avant le début d’un incendie, il y a toujours un signe précurseur », explique Tony Rodrigue. Ce peut être un fil dont la gaine est craquée et qui se met à chauffer. Normalement, le disjoncteur électrique va débarquer, mais Tony Rodrigue explique l’environnement agricole fait souvent en sorte que ça n’arrive pas toujours. Chez Karl Faucher, le disjoncteur n’a pas déclenché.

Selon Tony Rodrigue, ce qui démarque le plus son entreprise, c’est le service client. Depuis le début des ventes en 2018, l’entreprise est en expansion au Québec, en Ontario et dans l’Ouest canadien. Il y a à ce jour 447 installations sur des fermes. L’entreprise ne se spécialise que dans la surveillance du système électrique dans les bâtiments d’élevage. Il ajoute que plusieurs compagnies d’assurance ont reconnu leur solution dans la prévention des incendies et l’encourage même.

Il ne faut pas confondre avec la surveillance des tensions parasites. « Nous avons des clients qui ont les deux systèmes, le nôtre et celui de PrevTech », explique Marc Thibodeau, directeur général d’Agrivolt. Le but de la surveillance des tensions parasites est différent. C’est pour protéger l’animal. Le seuil de détection est plus faible et peut effectivement permettre de détecter un problème électrique pouvant mener à un feu, mais ce n’est pas l’objectif de la détection de tensions parasites. Karl Faucher raconte d’ailleurs que le système Agrivolt installé chez lui indiquait aussi un problème, et même l’endroit précis, mais seule PrevTech lui a envoyé des alertes et a effectué un suivi téléphonique qui lui ont permis de sauver son étable.

Karl Faucher a finalement détecté la cause du début d’incendie. Un ensemble de facteurs est en cause : mauvaise installation, lavage à répétition, corrosion… En une soirée, son système s’est payé tout seul (équipement + service d’abonnement = 1600$ + 1000$ par an).

Karl Faucher a partagé sa mésaventure sur internet.
photo: Facebook/Karl Faucher

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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