La COVID-19 a coûté 150 millions$ aux Éleveurs de porcs

Après la décision de la Régie des marchés agricoles et la réduction du nombre de porcs en attentes, les Éleveurs de porcs souhaitent maintenant des compensations pour les pertes liées à la COVID-19

Après la décision de la Régie des marchés agricoles et la réduction du nombre de porcs en attente, les Éleveurs de porcs souhaitent maintenant des compensations pour les pertes liées à la COVID-19. Ces pertes sont estimées à 150 millions de dollars.

La Régie des marchés agricoles a rendu une décision, en majorité, favorable aux Éleveurs de porcs du Québec face à Olymel. La formule de type cut-out, c’est à dire basée sur le prix de la découpe est maintenue. Il y a toutefois un plancher minimum de 65% entre le prix du porc vivant et de la carcasse reconstituée. La formule de prix s’applique du 27 avril au 16 juillet. Un ajustement sera par conséquent calculé pour savoir ce que chaque partie devra à l’autre.

Porcs en attente

L’autre bonne nouvelle est que le nombre de porcs en attente est en diminution grâce à une capacité d’abattage qui est revenue comparable à ce qu’elle était avant la COVID-19 (97 à 98% de capacité d’abattage) et à des heures supplémentaires effectuées chez Olymel (4500 porcs) et Aliments Asta (4000 porcs).

Le nombre de porcs en attente passait donc vendredi dernier (12 juin) à près de 79 000 porcs, comparativement à 90 000 porcs la semaine précédente. Le nombre devrait diminuer à 60 000 vendredi prochain. La réduction par semaine est de 15 000, sauf pour les deux semaines courtes qui s’en viennent (Saint-Jean-Baptiste et Confédération).

En conséquence, le poids-carcasse des porcs abattus est en diminution. Il a été de 112,4 kilogrammes au pire de la crise. Il est maintenant à 109,7 kilogrammes, soit près du poids avant la COVID qui était de 109 kilogrammes.

Mauvaise année pour le secteur porcin

«Malgré la réintroduction de la formule cut-out, on est inquiets pour l’année en cours, explique le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval, dans son Facebook Live du vendredi 12 juin. On s’attend à une mauvaise année malgré la reprise des marchés et les exportations qui vont bien.» Le montant d’indemnisation à l’ASRA est estimé à 20$ par porc.

En entrevue, le conseiller principal aux communications et relations publiques aux Éleveurs de porcs du Québec, Merlin Trottier-Picard, explique que le prix anticipé avant la COVID-19 était meilleur. C’est la fermeture et le ralentissement des abattoirs, ainsi que le refoulement des porcs dans les porcheries qui en a découlé qui ont fait chuter le prix des porcs vivants.

Maintenant, la capacité d’abattage est revenue près de la normale partout en Amérique du Nord. Le secrétaire à l’Agriculture des États-Unis, Sonny Perdue, annonçait le 9 juin dernier, qu’elle était de 95% dans son pays.

Les Éleveurs de porcs du Québec estiment les pertes liées à la COVID à 150 millions de dollars. L’Ontario a fait le même calcul. Il est de 154 millions. Pour éponger ce manque à gagner, les Éleveurs de porcs ont déjà commencé à faire des représentations auprès des gouvernement pour de l’aide.

« Ce n’est pas facile pour personne, mais en particulier pour les éleveurs », a dit David Duval à propos de la situation financière actuelle. Selon lui, les éleveurs ont besoin de faire des investissements sur leurs fermes, mais celles-ci sont repoussées d’année en année. Selon lui, les enjeux de rentabilité et d’investissement sont prioritaires.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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