Le prix du quota est ce qui préoccupe le plus le secteur de la volaille

À 1850$ le mètre carré, il faut être imaginatif pour le financer

Le principal enjeu qui préoccupe le secteur avicole, c’est le prix du quota, suivi par la réflexion stratégique et le renouvellement des bâtiments. Les résultats techniques ne font pas partie des enjeux ciblés.

C’est ainsi que les agronomes et consultants Nicolas Jobin de Groupe vision gestion et Gilbert Lavoie de Forest Lavoie Conseil ont débuté leur conférence sur l’environnement d’affaires avicole dans le cadre du Rendez-vous avicole organisé par l’Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC). Les informations proviennent d’un sondage effectué auprès des acteurs du milieu.

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Avec l’accroissement depuis trois ans de 4,4% de la population canadienne et de 3,1% de la population québécoise, la demande de produits de volaille est en augmentation. Depuis 15 ans, la production de poulet a augmenté de 25% et le dindon de 12%. C’est toutefois les œufs de consommation qui ont connu la croissance la plus spectaculaire avec 68% d’augmentation. Les œufs d’incubation ont augmenté de 18%.

Prudence

Les perspectives futures du secteur s’annoncent bonnes, mais les investissements doivent être effectués avec prudence. C’est le cas notamment du quota du poulet qui se transige actuellement 1850$ du mètre carré. Si l’on ajoute à cela la construction du bâtiment à 400$ du mètre carré, ça donne 2250 $/m2. Dans la poule, c’est 245$/poule et 75$/poule pour le bâtiment neuf.

Dans leur présentation, Nicolas Jobin et Gilbert Lavoie ont démontré que l’éleveur n’a d’autre choix que de puiser dans son « vieux gagné », donc son avoir propre, pour financer l’achat de quota.

L’achat de quota et la construction du bâtiment pour le produire fragilisent l’entreprise au niveau financier puisque l’entreprise citée en exemple génère alors un déficit (5000 kg/m2 détenu avant le projet pour 6200 après le projet). Ils ont aussi démontré que si le quota était de 1100$ au lieu du 1850$, ça ferait une grande différence à ce niveau puisque dans le même exemple, l’entreprise générerait alors un excédent intéressant : 64 551$ contre -5603$.

Le prix élevé du quota a donc plusieurs effets sur les fermes :
– Perte de l’équilibre financier de l’entreprise;
– Marges de manœuvre limitées;
– Capacité réduite à réagir devant des imprévus;
– Stress physique et mental;
– Frein à la croissance de l’entreprise et à la capacité de transfert;
– Impact important sur la dynamique familiale dans l’entreprise.

Réflexion stratégique

Des risques opérationnels, stratégiques et externes, ceux que les producteurs doivent apprendre à mieux maîtriser, ce sont les risques stratégiques.

Pour minimiser ces risques, Nicolas Jobin et Gilbert Lavoie présente la « GAME », soit Gestion, Argent, Marché et Équipement. Les deux éléments clés sont la gestion et l’argent, soit la gouvernance et la compréhension des finances.

« La vraie “GAME”, c’est de se donner une direction d’entreprise pour être viable à long terme », disent-ils.

Événement populaire

Le Rendez-vous avicole organisé par l’AQINAC a attiré 710 participants le 20 novembre dernier à Saint-Hyacinthe. De ce nombre, 210, donc 30%, sont producteurs. L’événement regroupait aussi plus de 50 exposants offrant des services dans le secteur.

 

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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