Ligne de temps

Le secteur avicole devra se démarquer pour garder ses marchés

Le secteur de la volaille va bien, mais les protéines végétales sont en nette croissance

Même si le secteur de la volaille va bien, il devra se démarquer pour garder ses marchés, surtout avec la popularité grandissante des protéines végétales.

« Dans votre secteur, il y a une croissance, donc vous avez le vent dans le dos, mais en même temps vous avez le vent de face », dit l’économiste agricole en chef Jean-Philippe Gervais de Financement agricole Canada en ouverture du Rendez-vous avicole 2018 organisé par l’Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC), le 14 novembre 2018.

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L’économie nord-américaine va très bien. Nous sommes très près du plein emploi, mais les ménages canadiens sont aussi très endettés avec un ratio d’endettement de 171%. Après cinq hausses de taux d’intérêt en 18 mois, l’économiste ne s’attend qu’à deux hausses supplémentaires en 2019, l’une en début d’année et l’autre à l’automne, afin de laisser la chance aux ménages d’absorber ces hausses.

AEUMC

Avec l’ALÉNA qui a été remplacé par l’AEUMC cet automne, Jean-Philippe Gervais a de la difficulté à évaluer les conséquences pour le secteur de la volaille. Les façons de calculer les importations sont dorénavant changées et les nouveaux contingents seront mis en place graduellement.

Malgré les résultats aux élections de mi-mandat aux États-Unis, dans laquelle des démocrates ont remporté la Chambre des représentants, Jean-Philippe Gervais croit que l’entente conclue le 30 septembre dernier sera ratifiée.

Pour ce qui est du PTPGP, l’implantation est prévue au 30 décembre, mais pour l’instant, seul le Chili a le droit d’exporter du poulet au Canada. Cependant, le Chili n’a pas ratifié l’accord.

Le comité organisateur est présidé par Sébastien Charest du Couvoir Boire & Frères.
photo: Marie-Josée Parent

Les protéines végétales

Même si les protéines végétales ne représentent qu’un petit marché, elles sont cependant en très forte croissance. « Une hausse de l’augmentation de consommation des aliments ne peut pas compenser cette augmentation », dit Jean-Philippe Gervais.

Dans sa conférence intitulée « Un monde sans viande? », le vice-président Est-du-Canada pour Nielsen, Francis Parisien explique que la consommation de viande de volaille et d’œufs a la cote au Canada et au Québec. Le poulet est en croissance de 4% et les œufs de 6%.

Les protéines animales dominent largement avec 93% des ventes sur le marché canadien. Les protéines végétales ne représentent que 7% des ventes. Ce segment est cependant en forte hausse.

Les consommateurs se préoccupent de plus en plus de leur consommation de protéines. En fait, 41% des Québécois veulent diminuer leur consommation de viande. Et ils consomment plus de protéines végétales, soit une augmentation de 3,7%. Ce sont les breuvages alternatifs qui mènent le bal, mais les substituts de viande ont la cote. Les boulettes de viande de protéines végétales ont connu une hausse de 12% l’été dernier. Toutefois, les Québécois ne veulent pas devenir végétariens. Ils cherchent un équilibre.

Attention à la biosécurité

En conférence, le vétérinaire porcin François Cardinal a présenté les défis que les entreprises porcines ont dû affronter au niveau biosécurité, comment ils s’y sont pris et les résultats obtenus. Le but est de sensibiliser le secteur avicole pour que ce dernier puisse s’en inspirer. « Le gardien de la biosécurité, c’est l’éleveur », a-t-il mentionné.

Poulet sans antibiotique

Produire du poulet sans antibiotique, ça s’apprend, mais il faut y mettre des efforts. Ce qui doit changer en premier lieu, c’est la régie d’élevage. Le producteur de poulets de chair Derek Detzler de Hucon Poultry en Ontario produit 120 000 poulets par cycle. Depuis plus de 15 ans, il réduit son utilisation d’antibiotiques dans ses élevages grâce à beaucoup d’observation et d’essais et erreurs.

Planifier son projet de construction

Avant de débuter un projet de construction, un grand nombre d’aspects sont à considérer, explique l’ingénieur Jean-Denis Major, fondateur de la firme d’ingénieurs et d’agronomes-conseils Consumaj. La bonne planification d’un projet inclut de nombreuses étapes qui nécessitent de se faire épauler par les bonnes personnes.

Les détails de ses recommandations, ainsi que les différentes présentations de la journée, sont disponibles sur le site internet de l’AQINAC.

Belle participation

Au total, 678 personnes se sont inscrites au Rendez-vous avicole 2018 organisé par l’AQINAC, dont 31% de producteurs.

Comme c’est souvent le cas, la journée s’est terminée par une conférence de motivation. Isabelle Fontaine a expliqué comment il est possible de retrouver l’énergie perdue par des techniques simples.

C’est le cas de la technique Tabata qu’on peut voir dans la vidéo suivante. Vous l’essaierez avec votre équipe lorsque vous serez en panne d’énergie ou que vous aurez besoin de produire un rendement élevé en peu de temps. La technique est simple : 20 secondes d’effort maximal, suivies d’un repos de 10 secondes.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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