L’élevage fait partie de la solution aux changements climatiques, selon un expert

C’est l’avis d’un professeur en qualité de l'air de la Californie

Selon le professeur et spécialiste de la qualité de l’air Frank Mitloehner de l’Université de la Californie à Davis, l’élevage fait partie de la solution aux changements climatiques. La guerre des médias contre le bétail a occulté la principale cause des changements climatiques : les combustibles fossiles.

«Les combustibles fossiles sont la principale contribution au changement climatique provoqué par l’homme», a déclaré le Dr Mitloehner lors d’une conférence au symposium 2019 de la compagnie Alltech à Lexington au Kentucky (#one19). Les combustibles fossiles aux États-Unis produisent 11% des émissions totales de gaz à effet de serre du monde. Aux États-Unis, l’agriculture animale et végétale ne produit que 1,1% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

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Pour rétablir les faits, le professeur présente trois faits sur les émissions agricoles.

1. Le méthane produit par le bétail est très différent des gaz à effet de serre générés par les combustibles fossiles. Voici ce qui se passe pour le bétail:

Les plantes absorbent le CO2 de l’atmosphère.
Les vaches mangent ces plantes.
Les vaches rejettent du méthane.
Le méthane est dans l’atmosphère pendant 10 ans avant de se transformer en CO2.
Le cycle se répète.

Ce cycle continu aide à maintenir l’équilibre entre l’atmosphère, les plantes et les vaches. Alternativement, les combustibles fossiles tels que le pétrole et le charbon sont extraits du sol, brûlés puis libérés dans l’atmosphère sans aucune contribution durable à la planète.

2. Au cours des 200 dernières années, la taille du troupeau de bétail aux États-Unis a diminué. De plus, depuis 1975, le nombre de troupeaux de bovins de boucherie et de production laitière a diminué. La production de méthane a, par conséquent, diminué. En 1940, il y avait 140 millions de têtes de boeuf aux États-Unis; aujourd’hui, il n’y a que 90 millions de têtes. Cependant, la même quantité de bœuf (24 millions de tonnes impériales) a été produite en 1970 et en 2010, ce qui signifie qu’au fil des années, nous avons commencé à produire la même quantité de bœuf avec moins de bovins.

«Cela est dû à l’amélioration de la fertilité, de la santé et de la génétique», a expliqué le Dr Mitloehner. Selon lui, il vaut mieux se concentrer sur une meilleure santé et l’efficacité de l’élevage, plutôt que sur son élimination.

3.  Selon M. Mitloehner, il existe deux types de terres agricoles. Les deux tiers des terres peuvent être définies comme des terres marginales, sur lesquelles les cultures ne peuvent être cultivées pour diverses raisons, telles que les sols pauvres ou ayant des contraintes en eau. En tant que tel, les terres marginales sont utilisées pour le bétail des ruminants. L’autre tiers est constitué de terres arables, idéales pour les cultures. Lorsque certaines personnes suggèrent d’arrêter la production animale, ils suggèrent réellement l’abandon de terres utilisables. Avec la croissance démographique si rapide, le Dr Mitloehner se demande s’il est vraiment sage d’ignorer une ressource aussi précieuse. «Comment pouvons-nous nourrir trois fois le nombre de personnes (qui habitent actuellement la Terre) de notre vivant si nous n’utilisons pas tout le territoire possible pour produire de la nourriture?»

Ambassadeurs de l’agriculture

Le travail du professeur Frank Mitloehner est de générer des données pour permettre de déterminer l’impact de l’élevage. Le but étant de répondre aux commérages, aux données biaisée et à la couverture médiatique exagérée. Cela aidera les éleveurs à mieux rétablir les faits sur leur secteur.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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