L’industrie animale canadienne se prépare à une épidémie

La pandémie de COVID-19 a sensibilisé le secteur de l’élevage aux impacts des épidémies importantes

Depuis six mois, la pandémie de COVID-19 a eu un impact majeur sur l’économie canadienne et mondiale. Le secteur agricole n’est pas épargné. Cette pandémie a fait prendre conscience de l’impact qu’aurait l’introduction du épidémie importante dans les élevages canadiens.

En avril 2019, un projet gestion des urgences sanitaires animales (GUSA ou AHEM en anglais) d’une durée de quatre ans a été mis en place dans le but de préparer les producteurs, les intervenants et les vétérinaires à une possible épidémie importante au sein des élevages canadiens.

« Ce projet de quatre ans est axé sur le développement collaboratif de ressources pratiques, de politiques et de programmes de formation qui aideront les producteurs, les associations sectorielles et les spécialistes en santé animale », lit-on dans un communiqué récent.

Impact majeur

Le Canada a tout pour la mise en place d’une épidémie:
1. haute densité animale;
2. transport fréquents et sur de longues distances des animaux d’élevage;
3. mélange d’animaux de plusieurs troupeaux;
4. règles de biosécurité disparates au de chaque espèce et entre les espèces.

En tête de liste des maladies préoccupantes, il y a la fièvre aphteuse et la peste porcine africaine. La fièvre aphteuse est une maladie absente au Canada, mais présente dans plusieurs pays du monde. Son entrée au Canada représenterait un impact de 58 milliards de dollars sur l’industrie.

La peste porcine est une autre menace parce qu’elle se propage dans plusieurs pays du monde en ce moment. L’Allemagne est le dernier pays touché. Bien que la maladie n’ait pas été détectée dans un élevage, mais plutôt chez des sangliers sauvages, plusieurs pays ont fermé leur frontière. L’impact de l’entrée au pays de la peste porcine africaine au Canada serait considérable puisque 70% des porcs sont exportés. La valeur du secteur est de 24 milliards de dollars. L’impact sur l’économie canadienne est estimé à 50 milliards de dollards, selon un webinaire présentant le projet GUSA.

Le but de toute cette opération est d’apporter une approche cohérente et organisée pour toutes les productions au Canada.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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