Litière à base de fumier recyclé : bonne ou mauvaise idée ?

Une équipe de chercheurs étudie l’impact de cette litière sur la santé de la glande mammaire

La litière de fumier recyclé suscite de l’intérêt, mais attention, son utilisation comporte des risques accrus associés à la présence d’agents pathogènes pouvant affecter les travailleurs agricoles, sans toutefois se retrouver dans le lait de réservoir. Des cas plus sévères de mammites ont également été observés avec la litière de fumier recyclé (LFR). Sa manipulation et son utilisation doivent être exemplaires.

L’utilisation de litière de fumier recyclé (LFR) dans les fermes laitières suscite un intérêt croissant en raison de l’augmentation des coûts d’une litière de bonne qualité. Cependant, bien que ces technologies soient déjà implantées dans plusieurs fermes québécoises, il existe actuellement peu de données sur la charge microbiologique de ces litières pour établir des recommandations sur les meilleures pratiques de production de LFR.

L’équipe de Simon Dufour, chercheur à la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, s’est penchée sur la question. Leur projet visait à évaluer l’impact de la LFR sur la santé de la glande mammaire et vérifier comment son utilisation influence les populations microbiennes présentes dans la litière et la qualité du lait. Novalait remercie les 88 fermes laitières qui ont participé à cette étude, dont 27 troupeaux sur LFR et 61 sur litière de paille.

Des agents pathogènes survivent au traitement de la litière

Plusieurs agents pathogènes peuvent survivre aux méthodes de production de la LFR. La prévalence de Cryptosporidium spp dans le fumier est plus élevée (85%) sur les fermes LFR que dans celles sur paille (49%). Cet agent pathogène présente un risque de zoonose pour les travailleurs en contact étroit avec le bétail. Il devient donc essentiel de respecter des mesures d’hygiène strictes lors de la manipulation de la LFR. Bonne nouvelle, aucun des pathogènes recensés dans la LFR n’a été retrouvé dans le lait de réservoir. Ceci indique que les mesures des points critiques à la ferme lors de la traite sont suffisantes pour contrôler les risques de contamination du lait.

Impact de la LFR sur l’incidence de la mammite
Pendant un an, les producteurs impliqués dans l’étude ont prélevé et envoyé un échantillon de lait pour chaque cas de mammite détecté dans le troupeau. Plus de 1200 échantillons ont été analysés. Le nombre de cas de mammite clinique n’était pas plus élevé sur les fermes utilisant la LFR, mais ils étaient six fois plus souvent causés par Klebsiella spp, un agent pathogène responsable d’infections sévères pouvant mener à la réforme de l’animal.
Après l’analyse des derniers résultats, des lignes directrices pour le contrôle des risques associés aux litières de fumier recyclé seront établies. Compte tenu des agents pathogènes observés, les précautions suivantes peuvent déjà s’appliquer :
• Éviter l’utilisation de la LFR pour les jeunes animaux (moins de six mois).
• Encourager les travailleurs agricoles à porter des gants et à se laver les mains après avoir manipulé la LFR.
• Maintenir le plus haut niveau d’hygiène avant la traite pour éviter la contamination du lait pendant la récolte.

Source : Novalait

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